Block Friday Nantes – 2 activistes climat convoqués au tribunal pour un rappel à la loi

Nantes, jeudi 19 décembre 2019, deux activistes climat étaient convoqués au tribunal de grande instance de Nantes pour un rappel à la loi, suite au blocage du centre Beaulieu pour le Black Friday le 30 novembre dernier. L’un d’eux a porté plainte pour violences.

Ils étaient 30 membres ou sympathisants du Groupe d’Intervention des Grenouilles Non-Violentes (GIGNV) et d’Extinction Rebellion rassemblés devant le Palais de Justice pour soutenir deux de leurs amis.

Lors du blocage du centre commercial Beaulieu de Nantes le 30 novembre dernier, organisé par ces deux mouvements dans le cadre de la campagne Block Friday (contre le Black Friday), deux militants avaient été interpellés, et placés en garde à vue (retrouvez le communiqué de presse ici). Ils étaient ressortis du Commissariat avec une mise en cause pour « résistance violente » et étaient convoqués au Tribunal de Grande Instance ce jeudi 19 décembre pour un rappel à la Loi ou un avertissement.

Yohan et Samuel ont réaffirmé la légitimité de leur participation à cette action non-violente : « Devant l’inaction criminelle des pouvoirs publics et des grandes entreprises en matière de climat et de justice sociale, les citoyens ne peuvent pas rester inertes. Il y a urgence à agir de manière radicale, insistent les scientifiques du GIEC. Nous nous levons pour qu’enfin de vraies décisions soient prises au-delà des beaux discours. Comment assister sans réagir à cet événement commercial totalement artificiel symbole d’un modèle économique destructeur basé sur la surproduction, la surconsommation et le matraquage
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Les deux militants contestent formellement tout acte ou propos violent à l’égard des CRS, ou de toute autre personne du centre commercial, client ou commerçant. C’est ce qu’ils ont affirmé au délégué du Procureur.

Pour sa part Yohan a déposé plainte contre X, pour violences par personne dépositaire de l’autorité publique : « Oui, nous avons résisté à l’évacuation de manière déterminée, mais sans aucune violence. Rien ne justifiait les gestes et les coups que nous avons reçus de la part de certains policiers : prises au cou, coups de pieds sur la tête, coups de poing sur la nuque, pressions dans les narines et sur les tempes ». Les témoignages sont nombreux sur les violences subies par des manifestants simplement assis au sol et se tenant les uns les autres.

Les mouvements GIGNV et Extinction Rebellion se demandent si ces violences inadmissibles ne sont imputables qu’à quelques policiers agissant « à leur manière en autonomie » ou si elles relevaient d’une décision d’action « vigoureuse » prise au niveau du commandement ou de la Préfecture. Par ailleurs, ils voient dans les interpellations, les gardes à vue et les poursuites judiciaires tout un arsenal visant à dissuader les citoyens de développer des actions déterminées pour pousser les décideurs à enfin agir à hauteur des enjeux climatiques. Ils affirment que ces tentatives d’intimidation resteront vaines : « Nous attendons des pouvoirs publics autant d’énergie à agir pour le climat et la justice sociale qu’à poursuivre les lanceurs d’alerte » concluent-ils.

source GIGNV

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