Municipales à Vannes : le verdict est tombé. Ce que j’en retiendrai.

Dimanche 15 mars 2020, Tribune par Bertrand Deléon

Tout d’abord, je rappelle que je n’étais pas tête de liste et je parle ici en mon nom personnel, ayant toutefois pris part activement à la campagne comme dans la vie politique vannetaise depuis 20 ans.

Se présenter, c’est proposer un autre chemin politique que celui choisi. Nous avons encore échoué, partiellement car le simple fait d’être présent est toujours un parcours du combattant quand nous ne sommes pas issus de l’équipe sortante ou nous ne sommes pas financés par un parti franco-parisien. J’ai suivi Yann et j’ai fait la connaissance de quelqu’un au grand cœur, de formidable, un honnête homme et même trop intègre pour la politique. Ce n’est pas un reproche mais il s’est compromis dans des amitiés qui n’auraient pas dû être affichées lors de cette aventure. L’addition de cabines téléphoniques de partis franciliens, plus ou moins fréquentables, selon sa stratégie personnelle et tout de même un peu à l’insu de ses colistiers, fut une erreur. Voilà ce que c’est que de soutenir « les amis » en politique, ces derniers ont souvent les dents tellement longues en ces périodes qu’ils entravent le pacte de la sincère amitié. Je crois toujours que Yann a été pris dans ce piège. Il ne m’en voudra pas de le dire, je répète que c’est quelqu’un de bien, un bosseur, un entrepreneur humain dans le quotidien, courageux et persévérant. Il sait ce que je pense de lui, même si je sais avoir été sûrement le chiant de service, un peu trop encombrant. Oui, encombrant, j’y suis habitué, notamment par un parcours plutôt sulfureux qu’on voudrait bien m’attribuer. Or, Yann a osé l’affiche ensemble, sans peur ni regret. Et il en va de même concernant les nombreuses colistières et les nombreux colistiers. Nous étions d’ailleurs unis dans nos différences autour de nos compétences et notre programme. Les rencontres ont été formidables et des amitiés solides se sont nouées dans le groupe. Sur la route, j’ai trouvé aussi de brillantes personnes, d’une grande profondeur d’esprit, de belles personnes ! Certaines m’avaient suivi quelques mois auparavant dans mes mésaventures. Je pense particulièrement à Laura, une femme libre, indomptable battante au cœur gros comme ça ; une femme qui n’a pas attendu les doctrines féministes pour vivre naturellement sa révolte et sa revanche sur la société. Il s’agit d’une amitié inestimable.
Voilà pourquoi nous échouons en politique car nous sommes vrais, nous ne mentons pas, nous avons des propositions très concrètes. La langue de bois et les circonvolutions verbales, ce n’est pas notre truc. Nous y préférons des principes et des concepts solides comme du granite breton, brut de décoffrage. Des idées trop pures… elles ont échoué. Tant que j’y pense, qui aurait eu l’honnêteté journalistique de bien vouloir se pencher sur ma campagne de 2014, décriée en son époque, moquée parfois, alors que sa totalité a fait les grands thèmes de campagne de 2020 ? Et oui ! N’y voyez aucune posture prétentieuse, seulement des faits.

Alors, c’est reparti pour 6 ans de spéculation immobilière, de destructions environnementales (j’en ai donné pas mal d’exemples et je continuerai), d’exodes de familles, de tourisme destructeur, de reconstructions de quartiers ratées (le quartier de la gare et le départ des administrations et la mort accélérée du centre-ville en conséquence), de pollution des eaux, de transports en commun médiocres, etc, etc. On pourrait citer de très nombreux exemples d’une politique qui a été catastrophique pour les Vannetaises et les Vannetais… qui plaît ! Ces derniers sont devenus minoritaires, ils ont été remplacés par les bobos parisiens, méprisants, maîtres ici. N’en déplaise à d’autres listes qui m’attaquaient sur ce sujet. Les Français devraient être les bienvenus s’ils n’arrivaient pas en Bretagne avec le pouvoir, l’argent, le mépris, le refus de notre culture, la grasse utilisation de nos services publics en péril… J’en fais volontairement une généralité. Ce sont des faits indiscutables et je continuerai aussi à le scander haut et fort.

Enfin, et cela peut paraître paradoxal, je tiens personnellement à saluer la victoire de David Robo. Non, je ne suis pas fou ! Surtout pas sur les idées mais pour la prouesse d’une part et parce que je pense que l’homme n’est pas mauvais dans le fond, d’autre part. Quel panache ! Et ce, en dépit de sa gestion et de sa vision de Vannes trop marquées par l’attachement à cette France ennemie de toujours de la Bretagne jusqu’à en dédaigner l’échelon local qu’elle presse comme un citron. Le provincialisme est l’Ankoù en Bretagne ; il est comparable au colonialisme dans lequel la mort est incarnée par des élus locaux pas toujours conscients de leur mission funèbre. C’est fâcheux car David Robo a le mérite d’être un autodidacte de la politique, loin des énarques et des grandes écoles de vente de mensonges. C’était un humble éduc. spé., « tout simplement », un gars qui a fait à mon sens un grand métier, où l’on plonge les mains dans le cambouis en étant certain de ne pas s’y engager à moitié. Dommage qu’il se trompe, pour faire simple ! Son erreur fait plus de 50 % une nouvelle fois au premier tour, ça peut paraître relever de la mythomanie de le dire. J’en suis tout à fait conscient.
Il est aussi dommage de trouver des hommes d’une grande qualité humaine et intellectuelle comme François Ars, son bras droit pendant toute la campagne. Oui, beaucoup ne comprendront pas de prime abord mon propos car « ça ne se fait pas en politique » de vanter les qualités humaines « des autres », c’est du jamais vu. Ben moi je le fais ! Je sais pertinemment qu’on se priverait de personnes comme François sans leur compromission dans les centrales politiques parisiennes. Là encore, je ne l’attaquerai guère, par amitié. Je constate depuis des années son grand respect pour tout un chacun… et je n’en dirai pas tout autant pour de nombreux représentants d’autres listes, notamment des têtes de listes parmi eux. Je ne parlerai pas non plus de l’impressionnant cortège des opportunistes. Vous savez, ces rampants prêts à vendre père et mère pour maintenir ou acquérir de petites glorioles puériles. Les astiqueurs de pompes que je méprise d’ailleurs, ils se reconnaîtront.

Voilà, ce sera tout pour cette fin d’élection municipale vannetaise. Une édition certes très particulière tant fut puissant le martèlement médiatique sur le coronavirus et l’angoisse ressentie, à tort ou à raison, parmi nos semblables. Le taux de participation fut par le même biais particulièrement faible.

En guise de clap de fin, si je dois définitivement retenir les sincères engagements politiques de ces Municipales 2020, ce sera sans vergogne parmi les éléments de Vannes au Cœur. En dépit de toutes les étiquettes politiques qui ont masqué notre solide programme, la sincérité allait jusque dans la politique linguistique : le programme le plus concret pour sauver le breton, un site en breton et au moins 11 % de colistiers pratiquant réellement la langue. C’était vraiment le cœur qui parlait. Puisse que son battement soit entendu un jour !

(comme à l’habitude, je n’ai pas relu ce billet public)

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