Pistage et flicage

Dimanche 29 mars 2020, Crise sanitaire, confinement, autorisations de sortie, arrêt ou fonctionnement des entreprises au ralenti, décisions par ordonnances, rumeur de pistage des personnes atteintes par le covid 19 via les mobiles, et quoi encore ? On y va gaillardement, mais jusqu’où ?

La CNIL ne s’est d’ailleurs pas trompée, réclamant le traitement des données « anonymisées » (quand même !). Mais bon la CNIL propose, le gouvernement dispose. Et nous disons quoi ?

Lorsque la Chine a organisé un suivi des malades via les portables, j’ai été choqué et autour de moi j’ai vu qu’il y avait interrogation.

Mais, régimes dictatoriaux, population soumise, droits et libertés contrôlés…la technologie était utilisée dans le droit fil des politiques extrêmement autoritaire de ces pays. Alors peut-être n’étais-ce pas si étonnant ?

La France, donnée souvent comme exemple d’un pays centralisé, s’inspirerait-elle des dictatures ? En tous cas elle pousse. Le Français Thierry Breton, commissaire européen au Marché intérieur et au Numérique, a un nouveau cheval de bataille et souhaite étendre à l’Europe le suivi technologique des malades du coronavirus. Objectif, suivre les personnes positives, celles ayant été en contact avec elles ainsi que les lieux de leurs déplacements qui présenteraient donc un danger potentiel. Et nous disons quoi ?

Dans les stratégies de manipulation il y a celle qui consiste à profiter d’une situation de grande faiblesse et de frayeur pour apporter une solution en laissant croire que c’est une excellente sortie de secours.

L’épidémie est comme une loupe sur les failles du pouvoir.

Il ne faudrait pas qu’une telle disposition soit l’arbre qui cache la forêt. Pister par géolocalisation en dehors de la maison – et pourquoi pas dans la maison – ressemble à une grande surveillance, à l’organisation encore d’une nouvelle base de données sur nos vies personnelles et à une déresponsabilisation de nos vies personnelles. Ceci ne saurait cacher les fautes et les faiblesses du gouvernement de l’avant crise et de la crise : pénurie durable de masques malgré les promesses répétées depuis le début de la crise, très faible nombre de tests alors que dans les pays qui contiennent le mieux la pandémie c’est l’objectif essentiel, respirateurs en nombre insuffisant. Sans parler des mauvaises décisions : le 1er tour des municipales et le laisser-faire de la transhumance des villes vers les campagnes les 16 et 17 Mars 2020.

Soyons attentifs à notre santé, attentifs à la santé des autres. Attentifs à nos libertés, car elles sont le signe de bonne santé d’un pays démocratique ?

 

André Lavanant

 

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