La liberté avant tout ! Ne plus être les supplétifs de personne

Lundi 28 septembre 2020,

L’autonomie est une exigence première en ce qu’elle conditionne tout. L’individu autonome est libre de penser, de décider et d’agir conformément à ses intérêts, à l’opposé des personnes placées sous tutelle, comme les alcooliques profonds, ou les grabataires.

Il en va de même pour les peuples. Il en est sous tutelle lorsque d’autres décident d’eux-mêmes et de leur avenir.

Plus largement, il s’agit du fondement des lumières. Il n’y a pas de démocratie sans la croyance en la capacité des hommes et des peuples à se choisir, à se déterminer librement et à en assumer la responsabilité.

La liberté est donc une exigence première et fondatrice. Elle seule nous permet de construire. Il me revient une phrase anodine mais au combien signifiante, captée au détour d’une conversation, il y a fort longtemps, avec un cadre de l’UDB : « l’autonomie n’est pas une fin en soi ». Il était plus important de se situer politiquement sur l’échiquier politique et bien sûr à gauche.

Cette phrase anodine vient éclairer des années d’asservissement des partisans de la cause bretonne.

Dire que l’autonomie n’est pas une fin en soi, nous condamne à demeurer longtemps les supplétifs de toutes les grandes formations parisiennes, de droite ou de gauche, et qui excellent dans l’art consistant à incorporer des figures régionalistes bretonnes, juste avant les élections régionales.

« Celui qui ne sait voir dans la liberté autre chose qu’elle-même, est fait pour servir » disait Tocqueville.

Alors nous servons…et nous rejoignons les listes des formations politiques parisiennes pour leur donner de belles couleurs bretonnes.

Bien sûr, cela n’influera jamais sur l’essentiel de la politique suivie par ces partis parisiens, qui se contrefichent superbement de la défense des fondamentaux bretons. Il suffit de regarder la responsabilité du PS dans le refus de la réunification de la Bretagne, le naufrage de la politique linguistique actuellement menée, la disparition assumée de notre maritimité, et l’absence de toute prospective économique.

Supplétif ! Mais n’est-ce pas le produit de notre histoire ?

Nous avons été, peut-être, les meilleurs supplétifs des Romains ; longtemps nous sommes demeurés les supplétifs de l’Eglise catholique, et parmi les plus nombreux ; nous avons été encore les supplétifs de la colonisation française, tout en figurant aussi au nombre de ses premières victimes ; et nous sommes à présent les dévoués supplétifs des formations politiques parisiennes.

Ca fait beaucoup pour un peuple !

Dire que l’autonomie n’est pas une fin, nous condamne aux interminables querelles idéologiques et  à la sortie de l’Histoire, lorsque partout en Europe les peuples asservis relèvent la tête.

Si nous persistons dans cette voie, longtemps nous déplorerons ce curieux paradoxe qui fait qu’en Bretagne, tout le monde ou presque est régionaliste, mais qu’aucune des politiques suivies par le Conseil régional ne l’est.

Ceux qui décident à la région ne sont que les relais locaux du système politique français, dont l’âme est centralisatrice et fondamentalement hostile à ce que nous sommes.

Je me demande même si ce type de positionnement banalisant l’autonomie n’est pas le produit d’une colonisation jamais véritablement affrontée.  La France aurait donc réussi le prodige de tuer en nous l’instinct de liberté ? Durant toutes ces années, on a oublié que nous avions été colonisés et que le colonisateur -la République- n’a jamais reconnu sa faute.

Avec l’UDB, je suis d’accord sur tout, sauf sur l’essentiel consistant à ne jamais transiger avec la liberté.

Cette élection régionale pouvait être le lieu de l’affirmation d’une large coalition politique autonomiste. Ce ne sera pas le cas. J’espère simplement que les Bretonnes et les Bretons ne nous en tiendront pas trop rigueur et que l’autonomie politique ne perdra pas toute crédibilité à leurs yeux.

Yvon Ollivier

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