Pour des paysans et paysannes autonomes

Vendredi 27 novembre 2020, Suite au documentaire intitulé « Bretagne : une terre sacrifiée » diffusée par France 5 le 17 novembre dernier, nombreuses ont été les réactions. Regardé par plus d’un million de téléspectateurs, celui-ci a indéniablement atteint son objectif : faire parler du « modèle » agroalimentaire breton ! Et cela n’a pas plu à tout le monde. En guise d’exemple, le député Marc Le Fur, dans un exercice de démagogie dont il a le secret, y a vu un « reportage à charge contre l’économie bretonne, contre la Bretagne, contre les Bretonnes et les Bretons », omettant de préciser que ceux-là même qui critiquaient le modèle étaient des paysans bretons. Il y aurait donc les vrais et les faux paysans ?

Depuis plusieurs mois, chaque tentative de critique du système intégré qui asservit les agriculteurs et agricultrices est jugé comme de l’« agribashing », chaque proposition de modèle alternatif est considérée comme une atteinte à la Bretagne, chaque interrogation sur le soutien inconditionnel à une économie qui exploite les ouvriers et ouvrières de l’agroalimentaire est sévèrement contestée. C’est à se demander à quoi sert la politique puisque visiblement le marché est parfait et rend heureux le monde agricole ! Chacun sait pourtant que la majorité de ce monde-là vit mal. 18 % des exploitants agricoles vivent même sous le seuil de pauvreté selon une enquête sur la santé économique des agriculteurs de Bretagne paru le 19 novembre. Combien de temps pourra-t-on fermer les yeux sur ces chiffres ?

Quand l’UDB critique le modèle agricole, ce n’est pas le travail des paysans qu’elle remet en cause, mais un système pensé pour que celui-ci soit dépendant. Pour changer cela, c’est l’outil industriel que les politiques publiques doivent revoir de fond en comble. En lieu et place d’un modèle concentré, l’UDB aspire à créer des filières économiques diverses de TPE et PME offrant des débouchés économiques multiples aux agriculteurs car aujourd’hui, peu d’entre eux ont le choix. Dépendant des coopératives ou des multinationales de l’agroalimentaire, ils ne sont que les rouages d’une économie qui n’est pas pensée pour eux. La politique des prix bas n’est plus acceptable car elle mène à une baisse de la qualité, à des salaires misérables et parfois même à des délocalisations.

L’UDB dit aux travailleurs et aux travailleuses de la terre : nous sommes vraiment à vos côtés car nous défendons votre revenu et votre qualité de vie. Nous souhaitons simplement des choix politiques qui vous donnent des horizons divers, la capacité de décider vous-mêmes de votre production, de sa qualité, de sa destination, un droit qui vous est aujourd’hui, de fait, refusé du moins pour la majorité d’entre vous ! En d’autres termes, nous souhaitons que vous soyez autonomes.

Pierre-Emmanuel Marais, porte-parole de l’Union démocratique bretonne

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