la France et l’OTAN sont opposées au Traité d’interdiction sur les armes nucléaires (TIAN)

Lundi 30 novembre 2020, RELATION TRANSATLANTIQUE ET COOPÉRATION FRANCO-ALLEMANDE

Le Monde a publié le 16 novembre 2020 une tribune intitulée « Repenser le partenariat transatlantique à la lumière des bouleversements qui redessinent le monde » co-signée par Jean-Yves Le Drian, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères et son homologue allemand Heiko Maas.

IDN ne peut que se féliciter de cette tribune conjointe qui symbolise l’amitié franco-allemande, même si celle-ci connaît, notamment dans le domaine de la coopération d’armement, les difficultés analysées, sur la même page du Monde, par deux chercheurs éminents.

Les deux ministres appellent de leurs vœux, à juste titre, la reconstruction de la relation transatlantique détruite par la présidence Trump ainsi que la prorogation du Traité américano-russe New START sur les armements nucléaires au-delà de février 2021. Certes, le format d’une telle tribune ne permettait pas d’entrer dans le détail. Il est toutefois regrettable que les deux ministres n’aient pas saisi cette occasion pour lancer un appel à la prise en compte urgente, dans les futures négociations américano-russes et les discussions au sein de l’OTAN :

d’un moratoire sur le déploiement de missiles à portée intermédiaires en Europe malgré l’abrogation par Trump du Traité FNI ;
d’un retrait du sol européen des armes nucléaires non stratégiques américaines et russes et de leur élimination, compte tenu du risque accru de leur emploi sur le territoire européen en cas de conflit ;
de la nécessité de nouvelles mesures de confiance et de sécurité destinées à réduire les tensions et éviter toute escalade entre la Russie et l’OTAN.
Finalement, on le sait, la France et l’OTAN sont opposées au Traité d’interdiction sur les armes nucléaires (TIAN), qui entrera en vigueur le lendemain de l’investiture du président Joe Biden. Mais la France et l’Allemagne feraient preuve d’un véritable leadership en Europe si elles lançaient une réflexion objective sur les implications de ce traité pour l’avenir de notre continent et de la planète. A l’heure où une majorité de pays dans le monde et de citoyens européens en particulier aspirent à un avenir libéré de la menace des armes nucléaires, s’arc-bouter sur leur maintien ferait tomber la France et l’Allemagne du mauvais côté de l’Histoire.

Paul Quilès, ancien ministre de la Défense, Président d’Initiatives pour le Désarmement nucléaire (IDN)

Gén. (ER) Bernard Norlain, ancien commandant des forces aériennes de combat, Vice-Président d’IDN

Marc Finaud, ancien diplomate, Membre du Bureau d’IDN

L’association Initiatives pour le Désarmement Nucléaire (IDN) a pour but d’œuvrer à l’élimination progressive et équilibrée des armes nucléaires de la planète, pour contribuer à l’édification d’un monde plus sûr.

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