Dissuasion nucléaire : l’aveu tardif de Valéry Giscard d’Estaing

Vendredi 4 décembre 2020,IDN rend hommage à la prise de conscience de l’ancien président Valéry Giscard d’Estaing qui reconnaissait (voir la vidéo ci-dessous) : « moi je savais que je n’appuierais sans doute jamais sur le bouton nucléaire, pour une raison simple, qui a sa valeur : cela aurait été la fin de la France. » Fin abrupte par riposte nucléaire ; ou encore fin lente du fait d’un hiver nucléaire meurtrier. La fin, dans tous les cas.

Il est regrettable que cette déclaration soit intervenue près de 40 ans après la fin de son mandat présidentiel, au cours duquel il a pourtant défendu la position gaullienne traditionnelle. C’est ainsi qu’en mars 1979, il déclarait à la télévision française : « notre système nucléaire est un moyen qui a pour objet la sécurité ultime de la France. Si la décision appropriée à la sécurité de la France conduisait à appuyer sur le bouton de la force nucléaire, je le ferais. (…) »

Cette contradiction met en lumière l’absurdité du maintien d’un arsenal nucléaire en France, inutile, coûteux, et dangereux. Pour autant, en quelques mots, le « président moderne » a permis de dissiper un doute majeur : l’État français, quoiqu’il continue de faire la sourde oreille aux appels au désarmement nucléaire, n’a jamais été dupe de ce coup de bluff bancal appelé dissuasion.

Photo : Le président Valéry Giscard d’Estaing le 7 novembre 1974 sort du sous-marin nucléaire lanceur d’engins  » Le Terrible », à la Pointe des Espagnols, dans lequel il a passé 24 heures. | ARCHIVES / OUEST FRANCE ARCHIVES
Voir l’interview de Valéry Giscard d’Estaing

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