août 17, 2022

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La France envisage de nationaliser entièrement le service public d’électricité EDF

Le Premier ministre français Elisabeth Borne a déclaré mercredi que la France nationaliserait entièrement EDF, ce qui donnerait au gouvernement plus de contrôle sur la restructuration du groupe endetté alors qu’il est en concurrence avec la crise énergétique européenne.

EDF, dont l’État détient déjà 84 %, est l’une des plus grandes installations d’Europe et est au cœur de la stratégie nucléaire de la France, sur laquelle le gouvernement compte pour amortir l’impact de la hausse des prix de l’énergie exacerbée par la possibilité d’un arrêt des approvisionnements en gaz russe.

Mais plutôt que d’être entre les mains du gouvernement, il est devenu une nuisance majeure en raison d’années de retards dans la construction de nouvelles centrales nucléaires en France et en Grande-Bretagne, avec des dépassements budgétaires de plusieurs milliards d’euros.

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« Je vous assure aujourd’hui que l’État a l’intention de contrôler 100% du capital d’EDF », a déclaré Bourne dans son discours politique à la Chambre en décrivant les priorités du gouvernement minoritaire. Lire la suite

« Nous devons assurer notre souveraineté face à la guerre (en Ukraine) et aux énormes défis qui se profilent à l’horizon. »

Aux prix actuels du marché, l’achat de la participation que le gouvernement ne détient pas déjà coûterait environ 5 milliards d’euros (5,09 milliards de dollars).

EDF a rencontré une série de problèmes cette année. La moitié de ses réacteurs vieillissants en France sont actuellement hors service, en partie à cause de problèmes de corrosion, l’obligeant à couper à plusieurs reprises la production nucléaire à un moment où l’Europe se démène pour trouver des alternatives à l’approvisionnement en gaz russe.

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Les services publics ont également été touchés par des mesures gouvernementales qui les ont forcés à vendre de l’énergie à des concurrents à prix réduit dans le cadre des efforts visant à protéger les consommateurs français d’une forte augmentation du coût de la vie.

Ceci grève fortement les finances d’EDF car le groupe vend sa production nucléaire estimée avant la fin de l’exercice budgétaire et doit racheter l’électricité vendue dans un marché volatil à des prix historiquement élevés.

La société affirme que les pertes de production réduiront son bénéfice de base cette année de 18,5 milliards d’euros et que les ventes d’énergie actualisées lui coûteront 10,2 milliards d’euros supplémentaires. Sa dette devrait augmenter de 40% cette année à plus de 61 milliards d’euros. Parallèlement, les projets de réacteurs nucléaires de nouvelle génération nécessitent des investissements de plus de 50 milliards d’euros.

Le président Emmanuel Macron avait signalé l’option de nationaliser totalement l’EDF plus tôt cette année, mais le tableau s’est depuis compliqué car il a perdu sa majorité absolue au Parlement.

Il a déjà été contraint d’abandonner une refonte massive d’EDF l’année dernière face à l’opposition syndicale et au scepticisme exprimé par la Commission européenne.

Ce plan envisage de placer l’activité rentable d’énergies renouvelables d’EDF dans une nouvelle société libérée des actifs nucléaires surendettés.

Borne n’a pas précisé si la nationalisation serait mise en œuvre par une législation privée ou par un appel d’offres public pour racheter les actionnaires minoritaires, et n’a pas fourni de délai.

La CGT a déclaré que sans une refonte fondamentale de la façon dont les prix de l’énergie nucléaire sont fixés, la nationalisation d’EDF ne résoudra pas ses problèmes et peut être une excuse pour le démanteler.

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EDF a été coté à la Bourse de Paris en 2005 à 33 euros par action. Son action a clôturé à un peu moins de 9 € mercredi, après avoir bondi de 14,5 % après l’annonce de Bourne.

Les analystes et les banquiers ont déclaré qu’aller directement au marché pour faire pression sur les minorités et radier l’EDF serait un processus plus rapide, alors que toute législation risque de bloquer au parlement.

(1 dollar = 0,9819 euros)

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Écrit par Sylvia Aloisi Montage par Jason Neely, David Goodman et Margarita Choi

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