Coronavirus : une crise avant tout intellectuelle ?

Lundi 16 mars 2020, Tribune libre par Bertrand Deléon

Selon des études chinoises, 14 % des personnes porteuses une première fois du coronavirus pourraient être infectées une seconde fois. Cela ne veut pas dire qu’elles vont développer la grosse grippe en question pour autant. Autrement dit, dans quelques mois, le virus ne pourra plus circuler entre les personnes, pour la plupart immunisées si l’on en croit ces analyses scientifiques. 98 % des malades survivent.

Il y a donc deux soucis réels dans cette crise sanitaire :

– La protection des individus les plus sensibles : ça aurait dû et ça devrait encore être la priorité. Le confinement ciblé envers les catégories les plus exposées, les masques, les produits, l’aide à domicile devraient être l’objet exclusif de tous les efforts de l’Etat et des collectivités. Il n’en est rien, hélas. Hier, j’étais au dépouillement dans un bureau de vote, nous étions serrés les uns contre les autres, sans masque et pendant une bonne heure. Il y avait dans la salle des personnes qui avaient côtoyé des centaines d’autres tout au long de la journée, dont des femmes et des hommes âgés, et j’ai noté deux individus désagréablement très tactiles (malgré les dispositions prises en journée, et non le soir, comme la distance entre les individus).
Au lieu de protéger les personnes âgées, l’Etat fait tout pour leur confier leurs petits-enfants, les premiers vecteurs de virus.

– L’engorgement des services de santé et la protection des personnels (physique et morale) : un risque aggravé par un l’Etat centraliste français qui pompe toutes les énergies et les finances ; il laisse la gestion des hôpitaux à des collectivités pillées comme des colonies, livrées à une gestion mercantile ou à la privatisation ; les personnels de santé sont méprisés, malmenés, non considérés alors qu’ils sont les véritables héros de la crise. Le gouvernement hypocrite compte sur tous les services publics en cette période, jusqu’à en faire des louanges… Tant que le foutage de gueule marche… hélas !

Enfin, si cette crise du coronavirus met en lumière les aberrations de l’économie de profits financiers, les déplacements forcés de populations qui en sont liés, les carences en protection des êtres vivants en général, elle souligne aussi une certaine affectation du bon sens, de la Raison. Parmi ces règles de bon sens, l’obsession grégaire écervelée (vouloir s’agglutiner toujours dans la promiscuité et le bruit, jusqu’à ne plus pouvoir échanger par cette saturation), l’impossibilité des dernières générations de s’occuper par elles-mêmes sans profiter d’un foisonnement d’activités ne favorisant pas beaucoup le développement intellectuel, et enfin, le manque d’hygiène global. Ce dernier point est aussi relatif au bon sens. Dans une collectivité, j’ai pu observer qu’environ 2 % des personnes se lavent les mains avant de manger. C’est navrant…

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