décembre 4, 2022

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La France accepte un navire de migrants dans une dispute avec les incendies italiens

Un navire de sauvetage transportant 230 migrants a accosté dans le port français de Toulon, au milieu d’un différend houleux entre la France et l’Italie sur le pays responsable d’eux.

L’Ocean Viking, dirigé par une ONG française, avait récupéré les migrants en mer près des côtes libyennes avant de passer des semaines à chercher un port pour les accueillir.

La France n’avait pas autorisé auparavant un navire de sauvetage transportant des migrants de la Méditerranée à débarquer sur ses côtes, mais cette fois, elle l’a fait parce que l’Italie a refusé l’accès.

Le sauvetage est intervenu un jour après que le ministre français de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a déclaré que les migrants relevaient de la responsabilité de l’Italie en vertu des règles de l’UE et que la décision française était une mesure « exceptionnelle ».

Il a décrit le refus de l’Italie d’accepter les migrants comme « incompréhensible » et qu’il y aurait de « graves conséquences » sur les relations avec l’Italie, qu’il a qualifiées d' »inhumaines ».

Les migrants, dont plus de 50 enfants, ont été emmenés dans une zone d’attente internationale pendant que leurs demandes d’asile étaient traitées.

Le gouvernement a déclaré qu’ils ne seraient pas autorisés à quitter la région tant que le processus ne serait pas terminé dans environ trois semaines. Les entretiens d’asile devaient commencer aujourd’hui.

L’abri, qui se trouvait à une courte distance en voiture du port, était fortement gardé. L’équipe de l’AFP était l’un des rares médias à y avoir accès.

L’Ocean Viking a été escorté au port par un bateau militaire français

Ibrahim, un Gambien de 17 ans, a déclaré qu’atterrir à Toulon était un « rêve » inattendu.

Comme beaucoup d’autres, il pensait arriver en Italie, mais s’est retrouvé en France, où il « adorerait rester et commencer sa vie ».

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Il a perdu une de ses dents, ce qui, selon lui, est dû aux abus qu’il a subis en Libye.

« Tout ce que je voulais, c’était quitter la Libye (et quitter) l’enfer », a-t-il déclaré.

Ibrahim avait reçu un manteau, mais de nombreux autres migrants étaient encore pieds nus lorsque l’AFP est arrivée.

Certains d’entre eux étaient assis sur des chaises en plastique blanc dans une salle extérieure.

Parmi eux se trouvait un Pakistanais de 18 ans, qui tenait un sac contenant uniquement ses effets personnels. Imran – un pseudonyme – a passé 21 jours en mer, a-t-il dit, et s’est senti épuisé.

Il se demandait combien de temps il pourrait rester en France.

« Ils ne nous ont rien dit », a-t-il dit.
« Tant que nous ne sommes plus en Libye ou en mer, je suis d’accord avec tout. J’avais besoin d’être à terre. »

Il a dit que ce qui l’inquiète le plus, c’est de dire à sa famille qu’il est toujours en vie.

En réponse à la position de l’Italie, la France a suspendu un plan visant à accueillir 3 500 réfugiés actuellement en Italie, dans le cadre d’un accord européen de partage de la charge, et a exhorté l’Allemagne et d’autres pays de l’UE à faire de même.

La Première ministre italienne Giorgia Meloni a condamné vendredi ce qu’elle a qualifié de « réaction agressive » du gouvernement français, déclarant aux journalistes qu’elle était « incompréhensible et injustifiée ».

L’Ocean Viking a d’abord cherché à atteindre la côte italienne, la plus proche de l’endroit où les migrants avaient été récupérés, affirmant que les conditions sanitaires et hygiéniques à bord se détérioraient rapidement.

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L’Italie a refusé, affirmant que d’autres pays devaient assumer davantage le fardeau d’accueillir les milliers de migrants qui tentent chaque année d’atteindre l’Europe depuis l’Afrique du Nord.

Après avoir débarqué à Toulon, le président français Emmanuel Macron a déclaré que le débat sur l’immigration en France ne pourrait être résolu « si nous n’avons pas une véritable organisation européenne au travail ».

Il a également souligné l’importance de comprendre « comment résoudre les problèmes d’inégalité avec le continent africain et les autres rives de la Méditerranée ».

« Tout le monde est très, très fatigué, mais ils sont aussi soulagés s’ils remettent le pied à terre, c’est la fin de leur calvaire », a déclaré à l’AFP Lawrence Bondard, membre de l’ONG SOS Méditerranée responsable de l’opération Viking.

Mais l’organisation a également déclaré que les navires de migrants ne devraient pas avoir à faire le long voyage vers la France lors de futurs sauvetages.

« C’est mal que les gens débarquent trop loin des sites de sauvetage », a déclaré à la presse François Thomas, responsable de SOS Méditerranée.

Le directeur des opérations Xavier Lauth a déclaré que le navire reprendrait ses missions de sauvetage « parce que nous n’acceptons pas que cette mer devienne un cimetière ».

Environ 600 policiers ont été déployés à l’arrivée du navire et la Croix-Rouge était responsable de l’aide humanitaire.
Meloni, chef du gouvernement italien le plus à droite depuis des décennies, semblait prêt à faire passer le différend en tête de l’agenda européen.

Le ministre italien de l’Intérieur, Matteo Piantidosi, a déclaré jeudi que la demande concernait « 234 migrants, alors que l’Italie a accueilli 90 000 migrants cette année seulement ».

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Jeudi, Darmanin a déclaré que neuf pays européens s’étaient engagés à accueillir les deux tiers des migrants, tandis que le tiers restant restait en France.

Jusqu’à présent cette année, 164 demandeurs d’asile ont été transférés d’Italie vers d’autres pays du bloc qui se sont portés volontaires pour les accepter.

C’est une fraction des plus de 88 000 personnes qui ont atteint ses côtes jusqu’à présent cette année, dont 14% sont arrivées après avoir été secourues par des navires d’ONG, selon les autorités italiennes.