La société civile bretonne et les candidats à la présidentielle française

 Dans le cadre de la campagne pour l’élection présidentielle française de 2012, des comités de soutien se sont constitué en Bretagne, essentiellement avec des élus. La société civile bretonne, quant à elle, est peu mobilisée. Toutefois, on peut noter ici et là quelques noms possédant une certaine renommée médiatique.

Le candidat qui recueille le plus de soutiens est sans conteste François Hollande, du Parti Socialiste Français, qui est le favori des sondages. Parmi les membres de la société civile de Bretagne ayant rejoint son comité de soutien, on peut citer : André Lespagnol, universitaire et ancien président de l’Université de Rennes 2 de 1991 à 1996, Jean Normand, adjoint honoraire de Rennes et militant de la réunification, Georges Cadiou, journaliste sportif membre de l’UDB (qui soutient Eva Joly), les chanteurs Yann-Fanch Kemener,  Manu Lan-Huel et Christophe Miossec, Didier Squiban, pianiste, et Jean-Pierre Thomin, responsable de fédération. Selon Paris-Match, Nolwenn Leroy supporte aussi le candidat socialiste mais sans l’avoir annoncé publiquement. Interrogé sur la réunification et sur un transfert de pouvoirs en Bretagne au cours de son déplacement à Rennes, François Hollande avait répondu par une fin de non-recevoir, déclarant sans ambiguïté : « nous sommes dans un Etat où la république est une et indivisible. ». Il a en revanche promis de faire ratifier par l’Etat français la Charte Européenne des Langues Régionales et Minoritaires du Conseil de l’Europe, en faisant modifier la constitution.

Eva Joly peut compter sur le soutien d’Irène Frachon, la pneumologue du CHU de Brest qui a été à l’origine du scandale du Médiator, le célèbre coupe-faim du laboratoire Servier.

Enfin, deux Bretons de Paris ont apporté leur soutien aux deux principaux candidats extrémistes. Yvan Le Bolloch a déclaré : « moi, Yvan le Bolloc’h, comédien, mon choix est fait, je voterai Jean-Luc Mélenchon. On a été jusqu’à lui offrir un caban breton pour lui porter chance ! Avec ça, il est équipé pour serrer les louches sur les marchés, et puis s’il fait moins de 2 % il pourra toujours s’exiler à Guernesey, il aura moins froid pour lire l’Huma sur les rochers » faisant référence à l’écrivain Victor Hugo que le candidat d’extrême-gauche cite souvent dans ses discours et qui s’était exilé à Guernesey. Autre Breton de Paris, Denis Seznec, connu pour son combat pour la réhabilitation de son grand-père Guillaume Seznec et fondateur de l’association « France-Justice », vient de rejoindre le comité de soutien à Marine Le Pen.

Le président sortant Nicolas Sarkozy, vers qui 39% seulement des électeurs bretons s’étaient tournés au deuxième tour de l’élection de 2007(*), a recueilli très peu de soutiens autres que des élus.

Reste que la grande majorité des personnalités de la société civile bretonne s’est abstenu d’afficher son soutien à un candidat. C’est particulièrement vrai pour le milieu économique, quasiment absent. Le temps où les comités recueillaient de longues listes de signatures prestigieuses semble bel et bien révolu.

Photo : Yvan Le Bolloch soutient Jean-Luc Mélenchon.

(*) 39,6% des électeurs bretons, sans compter les personnes en âge de voter mais non inscrites sur les listes électorales.

2 COMMENTS

  1. Concernant les soutiens cités pour François Hollande, André Lespagnol a été membre du parti communiste et était élu à la région lors de la précédente mandature, tout comme Jean-Pierre Thomin, ex maire de Landerneau, ex conseiller général, ex conseiller régional, et militant socialiste de toujours, tout comme Jean Normand élu socialiste de longue date qui siégeait avec Edmond Hervé à la mairie de Rennes. Georges Cadiou, comme indiqué, est affilié à l’UDB et est élu à Kemper sous la majorité de Bernard Poignant. Donc ce ne sont pas là à mon avis des soutiens provenant de la société civile mais bien plutôt des vieux briscards de la politique aujourd’hui en préretraite et essayant toujours de se raccrocher au vaisseau amiral. Concernant Denis Seznec, il est bien triste et désolant de le voir ainsi en soutien de l’extrème droite française. Beaucoup de Bretons qui l’ont soutenu se sentent aujourd’hui trahis par ce Breton de Paris qui a perdu le nord.

    • C’est bien parce qu’ils ne sont plus élus mais associés à des fonctions civiles liées à la Bretagne et de plus connus pour leur implication en lien avec la Bretagne que j’ai cité ces personnes. Il en existe d’autres (responsables associatifs, acteurs économiques ou sociaux…) mais ils sont plutôt connu pour leur implication locale. Globalement, il est frappant de constater le peu d’engagement de la société civile bretonne dans cette élection. Comme quoi leur manque d’engagement ne concerne pas que la cause bretonne…
      Dernière minute : François Hollande vient de rendre publiques deux listes de soutien de la société civile : 42 économistes (beaucoup de parisiens, pas un seul Breton) et 100 sportifs (un seul Breton Jean-Charles Monneraye, joueur de volley-ball, vice-champion de la Ligue Mondiale en 2006).

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