Hollande : les 6 mesures pour éviter un quinquennat agité en Bretagne

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En Bretagne, certaines frustations et impatiences pourraient perturber le quinquennat de François Hollande si quelques mesures, simples et sans enveloppes budgétaires excessives, ne sont pas prises rapidement. 7Seizh a recensé 6 dossiers prioritaires :

La réunification de la Bretagne : même si le nouveau président, est fort mal conseillé sur ce sujet par Stéphane Le Foll et Jean-Marc Ayrault, cette mesure, symbolique s’il en est, est très largement partagée par la population bretonne. Une mise en oeuvre déminerait d’entrée tout activisme sur ce sujet surtout si Jean-Marc Ayrault est nommé à Matignon. En effet, si l’actuel maire de Nantes et adversaire farouche de la réunification de la Bretagne, est intronisé premier ministre on peut craindre un regain d’activisme de la part des organisations bretonnes empoisonnant ainsi le quinquennat de François Hollande.

La ratification de la charte des langues minoritaires et un statut pour les langues de Bretagne. La première mesure est une promesse de campagne. Ne pas la respecter pourrait coûter cher au nouveau président. Un statut pour le breton et le gallo apporterait une reconnaissance et un surplus de crédit à la nouvelle équipe.

L’abandon du projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Vu de Paris ou de Corrèze, la résistance locale est anecdotique. Or, le maintien de ce projet constituerait un «point de fixation» en Bretagne récurrent sur les 5 années de présidence, voir un nouveau Plogoff. De surcroît, le futur statut de Jean-Marc Ayrault constituerait une aubaine pour accuentuer la pression de la part des opposants.

– La mise en place d’un statut particulier pour la Bretagne En s’appuyant sur les propositions du président de région et futur ministre de la défense Jean-Yves Le Drian en la matière, un statut d’autonomie articulé sur les transferts de compétences en matière de culture/langues, aides européennes à l’agricultute et maîtrise de l’eau pourrait marquer un bon en avant en matière de décentralisation. Et constituer un capital confiance chez les bretons.

– La résolution du «problème énergétique breton». Chaque hiver, ce problème agace les électeurs bretons : les coupures d’électricité. En cause : la position de la Bretagne en bout de ligne ERDF. Une politique d’investissement massif en faveur des énergies renouvelables (éoliennes off-shore, éoliennes domestiques, bio-masse, solaire, etc…) couplée à une révolution en matière de politique de l’habitat (fin du chauffage électrique, incitations réelles à l’isolation et aux systèmes de chauffage écologiques, construction de lotissement entier en matérieux iso-performants, …) pourraient faire de la Bretagne un laboratoire d’excellence sur le sujet.

– La fin du phénomène algues vertes. Le
corollaire du précédent. L’un arrive en hiver et l’autre dès que les températures augmentent. Si des mesures ne sont pas prises pour endiguer le phénomène des algues vertes, c’est tout un secteur qui risque de souffrir et d’exprimer bruyamment son mécontentement.

Ces 6 mesures à prendre ne sont évidemment pas exhaustives mais elles concernent spécifiquement la Bretagne. Si elles étaient mises en place, elles pourraient donner au quinquennat de François Hollande une tournure inédite et lui éviter bien des désagréments au cours de ces 5 prochaines années où les problèmes autres seront légions. Les autres dossiers urgents pour la Bretagne et bien d’autres territoires : les déserts ruraux, le prix de l’immobilier, l’étalement urbain, l’emploi, la désindustrialisation le pouvoir d’achat, la sécurité, … seront, à n’en point douter, des dossiers centraux pour l’équipe socialiste, mais les 6 points sus-nommés permettraient à François Hollande de faire baisser la pression dans une Bretagne où les frustations et le ressenti face à l’attitude méprisante du pouvoir central s’accumulent dangereusement…

3 Commentaires

  1. Ayrault 1er ministre ?

    Le future président Hollande ne peut oublier son interview au JDD le 14/04/2012 ou il disait : “Je n’aurai pas autour de moi à l’Élysée des personnes jugées et condamnées”, puis… “Vous pourrez me rappeler cette déclaration si je venais à y manquer.”

    Une nomination d’Ayrault (condamné à 6 mois de prison en 1997 !) comme 1er ministre lui ferait perdre toute crédibilité… on ne peut que lui conseiller d’oublier un tel choix pour Matignon… et en même temps… ne pas choisir un anti-réunification comme conseiller !

    A lire : http://www.lexpress.fr/actualite/politique/condamne-en-1997-jean-marc-ayrault-peut-il-perdre-matignon_1112822.html

    A suivre donc… peut-être ai-je trop d’illusion… là encore !

  2. On ne peut quand même pas mettre tous ces points au même niveau :

    – Trois points sont fondamentaux :
    -La Réunification, mais ça devrait être aux Bretons de la faire, et pas l’Elysssé
    -Le Statut pour les langues et la signature de la Charte, mais une Région avec un statut particulier devrait s’occuper de ses langues sans avoir à savoir ce qu’on en pense du côté de paris
    -Un statut particulier pour la Bretagne, pour aller vers un statut similaire à celui du Pays de Galles. Pour bien faire, il faudrait que ce soit la Bretagne qui demande (et obtienne) ce statut, et il aurait fallu le demander depuis longtemps, mais bon, mieux vaut tard que jamais, et souhaitons que ça se fasse. C’est même le point fondamental, parce que un tel statut devrait permettre que les autres questions soient du ressort de la Bretagne.

    Ensuite :

    – l’aéroport ? je ne sais pas si il faut être pour ou contre ! Un aéroport “international” en Bretagne, j’aurais tendance à être pour ! Il faut qu’une Bretagne réunifiée puisse en décider,

    – le problème énergétique ? Oui, bien sûr, il faut le résoudre, par les énergie renouvelables. Il faut que la Région ait compétence dans ce domaine, ce qui suppose le stattut spécial, c’est ensuite à la Région de s’en occuper.

    – La fin du phénomène “algue verte”. C’est un phénomène “spectaculaire”, mais ce n’est pas le seul problème écologique. La sensibilité écologique est forte en Bretagne, et là aussi, c’est à la Région de prendre les problèmes en mains.

    En conclusion : la chose fondamentale a obtenir, c’est un statut “particulier” pour une Bretagne réunifiée, avec une reconaissance officielle par la Bretagne de toutes ses langues.

    Le reste, ce sont des problèmes à résoudre par la Bretagne.

    Dans les choses fondamentales à obtenir, beaucoup concerne les médias : radio, télévision, …
    Et également l’enseignement : il faut que les programes en Bretagne soient conçus en Bretagne. Il faut que l’école devienne une école “bretonne”, et non “française” : il faut former des citoyens bretons, avec une conscience bretonne.
    Il faut pour cela un changement radical dans l’enseignement et les medias.

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