Tour de Bretagne des candidatures autonomistes / indépendantistes (4/4) l’extrême-droite

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Dossier spécial élections législatives

Dans le cadre de ce dossier, nous présenterons d’une manière détaillée l’ensemble des candidatures de sensibilité régionaliste / autonomiste / indépendantiste lors des prochaines élections législatives

 Tour de Bretagne des candidatures autonomistes/indépendantistes (4/4)

l’extrême-droite


Parmi les différentes candidatures autonomistes/indépendantistes bretons, la surprise de ces élections législatives 2012 en Bretagne est incontestablement la liste «Bretagne nous avons foi en toi». En effet, avec 10 candidats sur les 5 départements bretons, les identitaires de «Jeune Bretagne» présentent le plus gros contingent de prétendants à la députation, se payant même le luxe de dépasser, en nombre, les 9 candidats UDB. Mais «Jeune Bretagne» est elle en mesure de représenter une alternative au sein du mouvement breton ?

Adsav vs Jeune Bretagne

Qui est «Jeune Bretagne» (JB) ? Anciennement branche bretonne des «Identitaires» (généralement classés à l’extrême-droite, étiquette que JB refuse), Jeune Bretagne a, depuis peu, conquis son autonomie par rapport au Bloc Identitaire. Jeune Bretagne est notamment connu dans le pays de Guerlesquin (29) pour avoir ouvert «Ti Breizh» proclamée «maison de l’identité bretonne» où se déroulent stages, conférences, cours de breton et autres concerts. A l’extrême-droite, JB dispute le terrain politique à une formation indépendantiste : Adsav. Bien que celle-ci soit souvent présente lors des rendez-vous électoraux, elle brille, à l’occasion de ces législatives, par son absence. Explications de Ronan Le Gall, porte-parole du parti : «Nous, nous sommes séparatistes ! Nous n’avons aucun intérêt à aller quémander des miettes à Paris… qu’on ne nous donnera pas de toute façon ! Et quand bien même l’ensemble des circonscriptions bretonnes auraient des députés régionalistes, autonomistes ou séparatistes ça ne changerait rien pour la Bretagne.» Le parti avait pourtant réalisé précédemment des scores honorables (dans la moyenne haute des scores réalisés par les formations autonomistes ou indépendantistes bretonnes habituellement) lors des cantonales 2008 : 6,29% à Lamballe, 5,21% à Briec, 4,96 % à Châteaugiron, 4,12% à Auray. Ronan Le Gall reste dans un discours purement nationaliste : «Nous avons été aux cantonales parce que ce sont des élections locales. A mes yeux, les élections les plus importantes en France sont les cantonales -parce que pratiquement tout passe par les conseils généraux- et les élections européennes puisque tout se passe à Strasbourg ou à Bruxelles.» Le découpage des circonscriptions européennes ayant inclue la Bretagne dans une circonscription «Grand-Ouest» (regroupant Bretagne, «pays de la Loire» et Poitou-Charentes), Adsav ne se présente donc qu’aux élections cantonales.

Occupant le même segment politique, les rapports entre Adsav et Jeune Bretagne oscillent entre la haine froide et l’indifférence. Le fait que le porte-parole de Jeune Bretagne Yann Vallerie soit un ancien membre d’Adsav (et de la formation indépendantiste d’extrême-gauche Emgann !) n’arrangent pas les choses. Il n’y a donc jamais eu, jusqu’alors, de ticket commun entre les deux formations à l’occasion d’une quelconque campagne électorale. Or surprise, Adsav a été contacté à l’occasion des législatives pour participer à la plate-forme ad-hoc montée par Jeune Bretagne intitulée «Bretagne, nous avons foi en toi». Refus d’Adsav qui outre les raisons évoquées plus haut avance une autre raison : «nous ne savons pas qui paye tout ça». Le suite de l’article devrait quelques éléments de réponse.

Fascistes honteux ?

Créée en 2009, Jeune Bretagne a rapidement suivi la dynamique des Identitaires en se présentant aux élections cantonales dès 2011. Le score réalisé dans le canton de Rosporden avait alors surpris le monde politique breton : 15,52%. De surcroît obtenu par un militant, Mikaël Prima (qui n’est pas comme la rumeur le prétend le fils de l’humoriste «Mado la Niçoise»), qui se présentait pour la première fois à une élection (un autre candidat, Yann Vallerie avait lui réalisé 4,01 % à Fouesnant). L’absence de candidat Front National sur les deux cantons avait cependant énormément pesé dans l’obtention d’un tel score.

Aujourd’hui, Jeune Bretagne est donc officiellement détaché de l’organisation fédérale du «Bloc Identitaire» (nous aurons l’occasion de revenir dans un futur article sur ce point) mais continue à revendiquer les mêmes valeurs et la même ligne politique. Jeune Bretagne se défend notamment farouchement d’être situé à l’extrême-droite de l’échiquier politique et d’être catalogués «fascistes» (étiquette, il est vrai attribué à tout et n’importe quoi par certains anti-fascistes).

Les faits étant cependant têtus il apparaît, sur ce point précis, difficile de faire l’impasse sur les relations entre Jeune Bretagne et le squatt néo-fasciste italien Casapound. Le 21 mai, JB annonçait d’ailleurs le départ de 6 de ses militants pour une visite-pélerinage au squatt romain devenu la Mecque de toute l’extrême-droite européenne. Notons que loin de toute circonvolution verbale, Casapound se revendique ouvertement comme “fasciste”, ce que les militants de Jeune Bretagne savent parfaitement.

De la même façon, les groupes accueillis à Ti-Breizh, les conférenciers (Guillaume Faye par exemple), les relations et les soutiens aux groupes étrangers (English Defense League par exemple) indiquent clairement le positionnement de Jeune Bretagne et sa proximité avec les groupes se revendiquant ouvertement du «fascisme» (avec toutes les nuances possibles du spectre).

Concernant le «nazisme» stricto-sensu, l’accusation relève, elle, beaucoup plus du fantasme.

Identitarisme et Tunisie

Côté politique, Jeune Bretagne a décidé pour ces élections législatives d’impulser une plate-forme électorale appelée «Bretagne, nous avons foi en toi». Outre les revendications habituelles du mouvement breton (réunification, ratification de la charte des langues régionales, autonomie fiscale et éducative, etc…) et de l’extrême-droite (arrêt de l’immigration), les dix candidats de la liste «nous avons foi en toi Bretagne» mettent l’accent sur la notion «d’identité». A côté d’une série de propositions intéressantes (rénovation de l’habitat ancien, soutien à l’agriculture biologique et à l’élevage extensif) qui ne dépareilleraient pas dans des professions de foi écolos, on peut souligner un bon point «breton» : la liste a eu l’intelligence de parler des «langues de Bretagne» et non pas du seul breton (brezhoneg), laissant de côté le gallo, langue historique de plus de la moitié des bretons.

La composition de la liste laisse, par contre, perplexe concernant la notion d’identité. En effet, un nom apparaît : Claude Guillemain. Celui-ci représente, dans la plate-forme, l’organisation Breizh 2004 dont le principal objet était de présenter des candidats à l’élection régionale de… 2004. Sorti de cet anachronisme, Claude Guillemain à 66 ans (dont la moitié passée en Belgique et Afrique) et malgré un incontestable côté sympathique, affiche un parcours politique quelque peu improbable : passé par Strollad ar Vro, les Verts et l’UDB, celui-ci a ensuite été au mouvement de la gauche indépendantiste Emgann avant de basculer dans le libéralisme économique et de soutenir activement (depuis le Malawi !) Nicolas Sarkozy lors de la campagne présidentielle de 2007. En 2012, ultime revirement, Claude Guillemain se lance, depuis la Tunisie, avec les «Identitaires bretons» tout en affichant une touchante dévotion, inédite jusqu’alors, en matière de… bondieuseries. Claude Guillemain étant imprévisible on peut s’attendre à tout lors des prochaines échéances électorales.

Satan m’habite

Concernant les autres candidats, les anti-fascistes rennais ont sorti un dossier complet (mais comportant quelques erreurs et raccourcis faciles) sur quelques uns d’entre eux. Le passé du couple Danjou-Pêcheul (respectivement candidats dans la 2ème circonscription d’Ille-et-Vilaine et la 3ème des Côtes d’Armor) est notamment passé au crible : les deux candidats sont notamment fans de métal et membre (pour Simon Danjou) d’un groupe de Black Métal, d’où une imagerie plus que folklorique. Sur son profil Myspace et sur un blog perclus de symboles satanistes (on imagine les réunions de liste avec le dévot Claude Guillemain), Marie Pêcheul déploie tout un discours raciste de bas étage. Ceci étant, au vu de l’âge de la pécheresse (22 ans), on peut éventuellement lui accorder l’excuse de la jeunesse (ces écrits ont été postés il y a au moins 2 ans). «Nous allons les attaquer en justice, les plaintes vont partir dans la journée» prévient on du côté de Jeune Bretagne soulignant la malhonnête du procédé «Elle devait avoir 18 ans quand elle a posté ça sur son blog et n’était pas chez nous à l’époque» s’indigne Yann Vallerie soulignant, pour sa part, que «le fascisme étant une incarnation du jacobinisme, ce n’est pas [sa] tasse de thé». De plus, souligne le président de Jeune Bretagne, «En lisant leur dossier, [on s’aperçoit] qu’ils nous comparent quand même à des nazis et nous relient à un meurtre, ils sont fous ces types !»

Les autres candidats sont, eux, vierges de tout engagements précédents, à part Anne-Marie Rimbault qui serait passé par le MRB (Mouvement Régionaliste Breton, ancienne antenne locale du MNR de Bruno Mégret).

Radars jacobins

Mais ce qui pose le plus question dans cette dynamique électorale est le financement d’une telle campagne. En effet, comment un mouvement composé en majorité de jeunes peut-il sortir 50 à 60 000 euros de sa poche pour présenter 10 candidats ? (un candidat coûte entre 5 et 6000 euros). Les observateurs de la question avaient fait automatiquement le rapprochement avec le mécène de Jeune Bretagne, propriétaire de Ti-Breizh : Philippe Milliau (récemment au cœur de la scission entre JB et les Identitaires). Ancien conseiller régional FN puis co-fondateur du MNR, il passe courant 2008 aux Identitaires avant de s’en faire exclure pour «dérive complotiste» : Milliau se voyait, en gros, à la tête du mouvement. Or surprise, d’après nos informations, le généreux Milliau n’aurait, en fait, rien à voir avec le financement de la campagne ! L’argent viendrait d’un croisé de la lutte anti-radar, anti-permis à point, etc… Celui-ci aurait décidé de mettre la main à la poche pour tous les candidats qui accepteraient de glisser un point «anti-criminalisation des automobilistes» dans leur programme. Interrogé par nos soins sur le sujet, la direction de Jeune Bretagne refuse de s’exprimer précisant cependant que «ce n’est pas de l’argent sale».

L’argent viendrait-il du MAR (Mouvement Anti-Radar) qui annonce présenter 90 candidats sur l’ensemble de l’Hexagone ? A l’heure où nous écrivons ces lignes, rien ne permet de l’affirmer.

Picaillons

Après vérification, l’affaire est plus compliquée : en fait cette générosité aussi soudaine que mystérieuse ressemblerait plus à un… investissement. En effet, les candidats de «Bretagne nous avons foi en toi» s’inscriraient dans une alliance de circonstance avec d’autres mouvements afin de constituer un groupe susceptible de toucher l’argent public dans le cadre de la loi de financement des partis politiques. Celle-ci est limpide à ce sujet : «toute formation ayant au moins fait 1% dans 50 circonscriptions peut prétendre au financement par l’état». Et la somme est conséquente puisque chaque bulletin rapporte environ 1,6 euro par an pendant 5 ans ! Une vraie poule aux œufs d’or pour les grandes formations comme pour les petites qui, pour ces dernières, contournent leur faible niveau de candidats en tissant parfois d’improbables alliances avec d’autres formations modestes. En ajoutant les candidatures, celles-ci atteignent les 50 circonscriptions fatidiques et arrivent ainsi à constituer un groupe déclaré à la commission de financement de la vie politique française. Et chaque année, elles passent à la caisse !

Rassurons nos lecteurs offusqués, Jeune Bretagne ne sont pas les seuls à avoir trouvé l’astuce, beaucoup de micros-mouvements et de groupuscules sont financés de cette manière en montant des alliances aussi paradoxales que discrètes.

Épinglés par les anti-fascistes bretons, Jeune Bretagne aura au moins la consolation de savoir qu’ils sont financés par l’argent de leurs détracteurs.

9 Commentaires

  1. Evit ar re a soñjfe dezhe e vefe deuet Jeune Bretagne da vout ur strollad breizhat, setu amañ da heul ur video evit o dibikouzañ:
    02:16/02:22 : sell’ta piv? Mikael Primat dirak un triliv an hini eo! (ar video a zo bet savet evit souten al lec’hienn Fdesouche.com)

    (Emaon o vont da resisaat un draig: n’on ket “enepfaskour” (sic) na zoken eus an tu-kleiz… Setu n’on ket a-enep da JB da vat, hogen evidon-me n’eo ket ur strollad “breizhat” (eus Breizh ne lâran ket) daoust d’ar pezh a vez embannet gante ingal amañ hag ahont. Dav eo gortoz gouzout penaos ec’h emdroio an traoù en tu dehoù pellañ gall er mizioù o tont evit gwelet gant piv e vint kevreet war-lerc’h ar BI… Milliau ne chomo ket pell oc’h ober war-dro ur strolladig dister a Vreizh n’eus forzh penaos…)

      • @Mali (sic): n’em eus ket lavaret e oa evidoc’h…
        Faziet oc’h war un dachenn all evelkent: gwir eo o deus ul lodenn vat ag an adsaverion kuitaet ar strollad war-lerc’h loc’hadenn Frederig, hogen… n’eo ket peogwir e savent a-du gant e zoare da welet dazont ar strollad (pell alese!) met dre m’en doa distrujet ar “benveg” dre an diabarzh. Evit gwir ez eo aet kuit ur bochad adsaverion DA VARE Frederig ar Bouder (ha n’int ket distroet war-lerc’h, anat deoc’h). War a seblant eo diaes d’ar strollad-se adloc’hañ abalamour d’un diouer a sternidi pe stourmerion varrek a-walc’h evit ober war-dro ur strollad modern (e-touesk traoù arall).

        (ha din da c’houzout, n’eus ket kalz a ez-adsaverion e JB, ar c’hontrol ‘vefe memes!)

  2. Depuis le départ de Bouder, Adsav vivote. Une partie est partie suite à ce départ puis le reste d’adsav s’est fait en partie siphonnée par Jeune Bretagne, beaucoup plus dynamique. Adsav zo war e dalaroù. Il n’existe que par les communiqués de Ronan Le Gall.

  3. Pour aller plus loin ,je dirais que si on veut enfin faire entendre la voix de la Bretagne, il faut changer de logiciel électoral chez les Bretons.

    Force est de constater qu’il ne sert à rien de voter pour des représentants de partis hexagonaux qui ont montré que les spécificités de la Bretagne faisaient partie du cadet de leurs soucis. Sans compter la logique de groupe à l’assemblée nationale qui remet à l’ordre les quelques députés bretons qui auraient pu s’égarer dans des considérations bretonnes.
    Que d’espoirs déçus de la part de nombreux Bretons qui légitimement ont pu voter pour tel ou tel parti et/ou candidat pensant qu’il(s) allaient les défendre à l’Assemblée Nationale !
    A part 2-3 bonnes surprises (type Le Fur, De Rugy ou Urvoas pour être non partisan), rien de la part des autres députés bretons. La Bretagne vient toujours après des considérations purement politiciennes et uniquement franco-franciliennes.

    Par conséquent il est important que les Bretons décident de rejeter ce système politique à bout de souffle et votent uniquement pour des candidats et/ou des partis qui mettent en avant la défense de la Bretagne avant toute autre considération.

    Ces candidats « pro-Bretagne» que l’on peut appeler « patriotes bretons » sont en effet les seuls qui osent affirmer qu’ils sont Bretons et veulent poursuivre la reconquête de la Bretagne dans ses 3 socles essentiels que sont son identité propre (langues, cultures,…), sa réunification (Bretagne =5 départements), et une réflexion poussée dans la décentralisation allant jusqu’à une dévolution à minima.

    Il faut donc que les Bretons votent enfin pour ces candidats, dans les circonscriptions où ils se présentent et cela indépendamment de la couleur politique affichée.
    A ce niveau, il n’est pas primordial de se définir de gauche, de droite, du centre, des extrêmes mais d’être pro-Bretagne, même si pour certains le véritable engagement de la défense de la Bretagne peut prêter à interprétation.
    Pour les sceptiques, on peut même affirmer que l’hypothèse la plus réaliste sera hélas celle où aucun de ces candidats patriotes ne sera élu (à part peut-être en cas de bonne surprise 1 ou 2). Dans ce cas, le fait de voter pour eux permettrait de faire comprendre aux candidats les plus éligibles que le vote breton compte, qu’il va influencer sur le choix lors du deuxième tour et qu’enfin la Bretagne cessera d’être une considération mineure pour des élections.

    Dans le cas des circonscriptions où il n’y a pas de candidats patriotes déclarés, il faudra choisir parmi les autres candidats, celui ou celle qui aurait mis le plus avant ses convictions bretonnes et sa volonté de les défendre à Paris. (ex. De Rugy pour la 1ère circonscription de Loire-Atlantique, liste non limitative…)
    Ce n’est uniquement qu’à cette condition que l’on pourra voir l’émergence d’un véritable front politique breton et avoir enfin à Paris des députés qui oseront montrer leur conviction bretonne et s’opposeront enfin au rouleur compresseur jacobin.

    Donc pour plus de détail, si on passe en revue les différentes circonscriptions de Bretagne, cela nous amène

    En 22 et en 56, toutes les circonscriptions ont un candidat patriote breton, il faut donc appeler à voter pour chacun de ces candidats, même s ‘il peut exister des « doublons » de candidatures bretonnes pour la 5è circonscription du 22 et la 6è dans le 56 ; cela est fâcheux et que le meilleur gagne.
    Pour ce qui est de la 2è circo, il faut noter l’appui de l’UDB à une candidate de EELV, Mme Boudou. Or cette dernière n’ayant pas montré de convictions réellement bretonnes, il ne faut pas hésiter à appeler à voter pour M. Deleon, militant bien connu.

    En 29, seules les circonscriptions 1ère, 3 et 7ème n’ont pas de candidats « pro-Bretagne ».
    Mais en partant du principe que M. Urvoas, député sortant de la 1ère circonscription est un défenseur de la Bretagne, on peut donc considérer qu’il faille voter pour lui. En revanche, dans la 3ème circonscription, comme la député sortante Mme Marguerite Lamour ne semble pas avoir mis en avant des convictions bretonnes, in le faut pas hésiter à appeler à ne pas voter pour elle et choisir parmi les prétendants, par exemple M. Patrick Pelissard du Centre qui semblerait avoir « la fibre bretonne » si on croit ses écrits sur internet. De la même façon pour la 7è circonscription, où la député sortante, Mme Annick Leloch ne semble pas trop intéressée par la Bretagne à la différence de M. Michel Canevet de l’alliance centriste.

    En 35, les circonscriptions vides de candidats « pro Bretagne » sont la 5è, la 6è et la 8è. A noter que la huitième est nouvelle, et que les députés sortants (ou leur successeurs) pour la 5 et la 6 ne semblent pas avoir mis en avant leur conviction bretonne.

    Enfin en 44, les circonscriptions 4, 5, 6 et 8 ont des candidats pro-Bretagne .Si on rajoute à cette liste les circonscriptions libres mais pour lesquelles les députés sortant ont affichés clairement leur soutien à la Bretagne, soit la 1ère, 7è et la 9è, on peut donc appeler à voter pour ces candidats qui seront faire entendre leur voix à l’assemblée nationale.
    Il en va tout autrement de la 2è , la 3è et la 10è circonscription où les députés sortants sont clairement contre la réunification, à savoir dans la 2è-, Mme Clergeau et la 3è, Mr Ayrault. Comme il serait donc suicidaire d’appeler à voter pour eux, il faut donc appeler à les battre ! Le cas de la 10è est un peu différent car le député sortant, M. Poignant, fervent opposant à la réunification ne se représente pas. Comme il y a de forte chances que son suppléant ait les mêmes opinions, il faudra appeler à voter pour M. Alan Coraud, du centre qui est en plus un fervent partisan de la Bretagne dans le vignoble nantais.

    Bien sûr voter pour des partis hexagonaux qui se sont illustrés durant la campagne présidentielle comme affichant des positions anti-Bretagne est exclu et serait suicidaire (cf. par exemple FN, FG, Mouvement pour la France…)

    Enfin pour terminer, je ne formulerai qu’un seul souhait : Que pour ces élections la Bretagne et ses véritables défenseurs gagnent enfin !

  4. Excellent, Fabien.

    Tu as oublié que j’étais aussi le secrétaire général de la Plateforme politique des Nations sans Etats et que cela nous avait donné l’occasion de travailler ensemble à Barcelone, avec nos amis, Basques, Catalans, Flamands, Corses et Sardes.

    Juste une précision: si je suis passé effectivement de SAV à l’UDB, puis chez les Verts, puis chez Emgann, puis chez l’UMP, c’est tout simplement parce que j’ai voulu voir “de l’intérieur” à quoi ressemblait un parti politique. Une sorte de parcours non pas initiatique mais critique, qui m’a valu plus d’exclusions que de satisfactions.
    SAV, c’était mon ami Yann Poilvet qui m’avait fait devenir membre; via l’UDB, j’ai pu mener une action politique en profondeur auprès du Parlement Européen (ALE), puis le refus de l’UDB de soutenir les prisonniers politiques bretons m’a conduit à les quitter; Emgann, c’était une erreur, eux étaient fascistes; chez les Verts j’ai été écoeuré par l’éviction incroyable dont a été victime Alain Lipietz; et enfin l’UMP, que j’ai quitté en novembre 2011.

    Ma religion aujourd’hui est faite. Et quand je parle de religion, je ne parle pas de bigoterie mais des Évangiles tout simplement.

    Tous ces partis politiques, y compris les autres, c’est à dire le PS, le Front de Gauche et consorts, sont des tigres de papier, et ne sont rien sans l’administration et les fonds publics.

    Comme je suis libéral- conservateur, breton, fédéraliste et minarchiste (1), je rejette l’administration française et j’ai rejoint la plateforme “Bretagne, nous avons foi en toi”, pour tenter, via cette élection, d’aborder le problème breton sous un autre angle.

    Je parle de soutien aux entreprises, donc à l’emploi, je parle de logement, de formation, de recherche de marchés à l’international. Je parle aussi d’être un représentant efficace de mes compatriotes, sans exclusive. Comme je connais les travers des partis politiques précités, je n’ai aucune hésitation sur la bonne voie à suivre.

    Membre de la Diaspora Economique Bretonne, désigné Ambassadeur Economique Breton l’an passé, j’ai à coeur le développement économique de mon pays et bien sûr en premier lieu, du Trégor.

    Rien de fasciste là dedans.

    Que les membres du collectif anonyme AntiFa se rassurent: le Réseau des Bretons de l’Etranger – RBE – n’est pas une coquille vide. C’est un réseau de professionnels qui ont adopté ma devise : “Exporter l’expertise bretonne”. Ce RBE participe avec d’autres cabinets bretons de consultance à des appels d’offres internationaux d’expertises diverses (microfinance, informatique, crédit rural, etc..).

    Bref, une candidature “normale” pour mes compatriotes dominés par l’administration française, et qui n’ont pas encore bien compris ce que le mot “libéral” veut dire.

    A wir galon

    Claude Guillemain

    (1) Minarchisme : [http://fr.wikipedia.org/wiki/Minarchisme]

    • Descendez sur terre… visiter les partis de l’intérieur dites vous ? C’est sur que du Malawi on a une vision très objective d’un parti. Vous vous êtes rendus à des AG ? vous avez pris des responsabilités en leur sein ? à vous lire vous avez tout vu, tout fait… mais via internet.
      Quant à RBE : cette association apporte son soutien à cette plateforme. Les très nombreux membres selon vos dires qui y font parti ont donner leur approbation d’être associé à une plateforme d’identitaires français ?

  5. Merci M. Lecuyer pour cette synthèse sur les candidatures autonomistes/régionalistes de Bretagne pour les élections législatives à venir. Cela permet à tout Breton de se faire un bon aperçu sur l’état des candidatures des patriotes bretons et des différents challenges qu’ils devront faire face dans leurs différentes circonscriptions.
    Pour laisser un message aux Bretons qui se demanderaient à quoi bon voter pour des patriotes bretons, parce qu’ils faut bien les appeler ainsi, je dirai simplement que si la Bretagne veut s’en sortir, il est temps que les Bretons arrêtent de voter pour des candidats qui sont aux ordres des partis hexagonaux et/ou considèrent la Bretagne comme un sujet non prioritaire. Il faut non seulement barrer la route à ces pratiques mais également forcer les impétrants à se positionner sur la Bretagne.
    Enfin il est tout aussi important de dénoncer les candidats et/ou députés sortants qui par leur attitude ont montré qu’ils étaient contre la Bretagne ou qu’ils s’en fichaient.
    Cela a assez duré et pour la constitution d’un front breton

  6. Article très intéressant, bien au dessus de ce qu’on a pu lire sur ce sujet ailleurs, ou de ce qu’on pu lire comme article politique sur ce blog.
    Félicitations.

    Par contre il y a quelques chose à creuser quand même, j’ai lu un commentaire sur un média breton concurent il y a quelques semaines, de quelqu’un qui interpellait Frédéric Bouder sur l’Adsav, l’UMP, et Montauzier… Les questions posées étaient intéressantes mais n’ont pas obtenue de réponse. Et ici, on voit qu’Adsav semble refuser l’alliance avec Jeune Bretagne, mais pourtant Montauzier appelle à voter pour Jeune Bretagne et participe à leur débat à venir à Vannes. Le même Montauzier qui avait appelé à voter UMP, provoquant le départ de Bouder de l’Adsav accompagné semble t’il des cadres du mouvement. Ces deux épisodes devraient générer beaucoup de questions sur le rôle exact de Montauzier au sein du mouvement politique breton, mais non, nada, pourquoi ?

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