Signalétique et valorisation de la langue bretonne Le P-dg de La Poste « attentif » et… attentiste.


«Les demandes locales touchant à la communication bilingue sont étudiées de façon spécifique et exceptionnelle, dans le respect de nos processus de certification et du suivi de la qualité»
, vient d’écrire la P-dg de La Poste, Jean-Paul Bailly au député du Morbihan, Philippe Le Ray (proche de l’UMP). Ce dernier l’avait interrogé sur l’évolution du dossier et sur la revendication récurrente d’Ai’ta !

«Les conditions étant réunies au bureau de Poste de Carhaix, j’ai le plaisir de vous confirmer la mise en œuvre d’une expérience permettant de répondre aux demandes des promoteurs de la langue bretonne. Ce bureau qui vient d’être rénové est désormais doté d’une communication interne sur les panneaux d’information et les gilets portés par nos conseillers. Une enseigne externe signale également La Poste en breton. Cette opération a pu être réalisée avec la collaboration de l’Office public de la langue bretonne, rencontré à différentes reprises par les responsables territoriaux de La Poste en Bretagne. Soyez assuré qu’ils seront attentifs au suivi de cette innovation sur le territoire breton», affirme Jean-Paul Bailly.

Aussi modeste et symbolique que soit la présence du breton à la Poste de Carhaix, il s’agit sans aucun doute d’une ouverture incontestable dans ce service public. La mobilisation du mouvement Ai’ta ! n’y est sans doute pas étrangère. Mais, comme le précise le P-dg de La Poste, il s’agit d’une « exception » et les militants de la langue bretonne savent bien qu’une hirondelle ne fait pas le printemps. Leur travail de conscientisation doit donc continuer en s’appuyant notamment, lorsque c’est possible, sur les élus locaux et régionaux. Locaux parce que la demande sociale doit venir de la base. Régionaux, parce que c’est au Conseil Régional de mettre en application le plan de sauvegarde hardi que réclame d’urgence la situation générale de la langue bretonne. Sans doute existe-t-il des dossiers plus sensibles ? Mais, puisque l’aiguillon Ai’ta ! existe, et qu’il faut bien finir le travail, ne peut- on imaginer une délibération de nos élus régionaux allant dans le sens de la mise en place d’un bilinguisme équilibré et progressif dans l’ensemble des services publics de Bretagne ? Un peu à l’image de ce qui s’est fait pour les panneaux routiers directionnels. Cela éviterait de confiner une exception dans la ville des Vieilles Charrues qui ne souhaite pas cela. Car cette exception carhaisienne pourrait rapidement servir d’alibi à l’immobilisme général dans ce domaine comme dans d’autres.

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