Tribune libre de Marc Le Fur : La Bretagne ne veut pas être déclassée

La Bretagne ne veut pas être déclassée

Marc LE FUR, Vice-président de l’Assemblée nationale, Député des Côtes d’Armor
 
GAD, Doux, Tilly-Sabco, Marine Harvest, PSA, Alcatel-Lucent, les personnels de la défense, la Bretagne vit depuis quelques mois une avalanche de crises économiques à donner le tournis.
Force est de constater que cette semaine, c’est la Bretagne toute entière qui est en crise. Il n’y a pas un seul secteur épargné, de l’élevage à l’agro-alimentaire, des télécommunications à l’automobile sans oublier la Défense.
Nous savons à quoi mènent ces crises générales à l’échelle d’un territoire lorsqu’elles ne sont pas prises à bras le corps. L’histoire de la Lorraine de ses charbonnages, de sa sidérurgie et de sa métallurgie est malheureusement là pour nous le prouver.
Non ! La Bretagne ne veut pas vivre le destin économique de la Lorraine. Nous ne voulons pas vivre des « Florange » breton.
Pour cela, le Gouvernement doit prendre la mesure de la crise bretonne et déclencher un véritable Plan ORSEC pour la Bretagne. Il ne s’agit pas d’autoriser tel ou tel plan social. En urgence, le Gouvernement doit libérer les énergies bretonnes et les Bretons feront le reste.
Il doit ainsi
  • ·         Simplifier véritablement les démarches d’installations classées dans l’élevage
  • ·         Alléger rapidement les charges qui pèsent sur le travail, éléments de distorsion de concurrence dans l’agro-alimentaire
  • ·         Obtenir de Bruxelles une prolongation des restitutions dans le domaine de la volaille de chair
  • ·         Revenir sur les suppressions de poste dans la Défense nationale en Bretagne
  • ·         Décréter un moratoire immédiat sur l’écotaxe qui ne ferait qu’achever l’industrie bretonne en pénalisant gravement le secteur du transport.
L’histoire de la Lorraine nous permet malheureusement de comprendre comment s’enclenche et se développe le processus de désindustrialisation d’une région. La Bretagne est une des seules régions françaises où l’emploi industriel a continué de progresser depuis 1980. Avec une industrie qui occupe encore 25% de sa population active, la Bretagne est une des rares régions de France où le mot « ouvrier » a encore un sens.
La colère monte en Bretagne. Le démontage des portiques de l’écotaxe n’est que la première manifestation de cette colère. Elle monte d’autant plus que la Bretagne a donné une nette majorité au Président de la République en mai 2012 et qu’elle n’a pas l’impression d’être entendue et comprise. Où étaient M. Montebourg, Ministre du redressement productif, et M. LE FOLL, Ministre de l’agriculture, la semaine dernière ? Malheureusement pas en Bretagne.
Le Gouvernement qui se fait le chantre de la ré-industrialisation doit en prendre conscience car la ré-industrialisation de notre pays passe d’abord par la défense des industries existantes. Aujourd’hui, les Bretons exigent un véritable Plan ORSEC pour la Bretagne.

4 COMMENTS

  1. M. Le Fur, je crois qu’il y a plus simple pour résoudre les maux de la Bretagne que l’intervention de l’Etat français: son retrait, plutôt. Ou en clair, le transfert des impôts collectés en Bretagne à un gouvernement breton, épaulé par un Parlement nouvellement créé, et la gestion de l’économie (possiblement moins collectiviste qu’actuellement, car la France bat des records en ce sens) par les Bretons eux-mêmes.
    Vous êtes un député compétent et intelligent; seriez-vous de la partie pour ce nouveau défi?

  2. Le problème de la Bretagne c’est la France, y compris au plan culturel.
    M Le Fur est-il crédible, lui qui applaudissait Sarkozy disant « quand on aime la république (française évidemment) on ne demande pas la ratification de la charte des langues régionales » ?

  3. « Liberer les energies bretonnes et les Bretons feront le reste » !
    A-du penn-da-benn, Ao le Fur !! C’est peut etre pas : « foutez nous la paix, on se demerdera bien sans vous » mais je veux croire que ce n’est que votre courtoisie qui vous retient …
    En tout etat de cause, merci pour cette tres bonne analyse, realiste et didactique a la fois.
    Revive le CELIB !

    Stefan Bian

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