Retour de la lutte armée en Bretagne ?

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Tribune Libre de Mael Pellan

On va crever la gueule ouverte ! Gad, Doux, PSA. Comme des cochons saignés sur l’échelle entre deux bancs, sur le dos, à gros bouillon, ça va nous sortir de la gorge. Avec les clébards en dessous qui lécheront le sang qui ne tombera pas dans le seau pour les “boudines”. On va crever comme ça, comme des pourciaos, avec des clebs aux becs crochus qui vont nous racheter nos entreprises. Une par une. Et pour un coup de cidre !

A Pleucadeuc, toute la ville était fière de Doux. Les familles du coin avaient financé l’usine en 78, ça s’appelait  Père Dodu à l’époque. Maintenant Pleucadeuc est comme sidéré. Il n’y a plus rien. Plus Doux, plus de camions, plus de boulot, plus d’horaires, plus de matin, plus de soir. Toutes les semaines, les gars vont à Vannes à Pôle Emploi pour entendre qu’il n’y a rien pour eux. Et qu’il n’y aura jamais rien, en fait. L’usine Doux finira comme celle de Malansac avant, comme celle de Locminé aussi et comme tant d’autres avant et après elle. Des grosses verrues au sol potentiellement bourré d’ammoniaque.

Pour nous les bretons, les usines à cochon et à volaille c’était deux choses : soit un poste sûr, soit un amortisseur. Tu perdais ton boulot, tu allais découper de la dinde pendant quelques temps, le temps de retrouver quelque chose de mieux. A Rennes, Citroën c’était un peu pareil. Il y avait toujours du boulot dans ces usines-là. Maintenant, on n’a plus rien. Plus de boulot sûr, plus « d’amortisseur ». Terminé ! Et on ne peut même plus aller en France se refaire un temps. Il n’y a plus rien là-bas non plus.

Et l’inouïe de tout : les portails écotaxes !
Là il faut avouer qu’on y aurait pas pensé. L’économie bretonne a la gueule ouverte, «Faut gagner des nouveaux marchés les gars»«exporter»«exporter»… et là on nous colle des portails écotaxe !

arb photoEn Bretagne, on est très fiers de n’avoir aucune autoroute payante. «Ça date d’Anne de Bretagne, du temps de l’autonomie, et patati patata». Pas du tout. Légende complète. Mais pas grave, il faut laisser dire, c’est tellement répété que c’est devenu une belle histoire. Non la vérité c’est qu’en 69 quand le Plan Routier Breton a été décidé par De Gaulle, la Bretagne avait une arme dans chaque pogne : le CELIB et le FLB. Le CELIB, c’était les notables bretons, le FLB c’était la dynamite. Le CELIB négociait, le FLB plastiquait. Si des péages avaient été installés en Bretagne dans les années 70, ils sautaient illico et le pouvoir le savait. 

Donc en 2013, le gouvernement a décidé de casser cet accord tacite et a installé des péages pour les camions bretons. Ce qui est étonnant c’est qu’il n’y ai pas encore un de ces portails qui soit tombé une nuit sans lune. A la tronçonneuse, à la hache, aux 3 500 000 pétards Mammouth, à la dynamite qu’on garde pour les souches dans les champs. A Guiclan, ils ont tiré dessus avec des cordes mais il faut amener le tracteur. Pas simple.

Front_de_Libération_de_la_BretagneLes attentats en Bretagne, les coups de chaud ça revient régulièrement. Depuis 66, ça a toujours été comme ça. Là, tout est réuni pour que ça reparte. Tout ! Fukushimec ! Si Hollande n’a pas compris ça, il risque de le comprendre rapidement. Parce qu’en fait, on ne va pas crever comme ça. On ne va pas se laisser saigner comme des gorets. En Lorraine, chez ArcelorMital c’est pareil vous me direz. Oui, mais la seule différence c’est qu’ici, en Bretagne, il y aura toujours 3 mecs ou 30 ou 300 ou 3000 qui vont se coller des cagoules sur le nez et qui vont disperser face puzzle. Ça va s’appeler FLB, ARB, ABCD ou ZZZ mais ça va finir comme ça. Bien, pas bien, chacun son avis sur la question.

Le seul truc, c’est que les gouvernements Fillon, Ayrault et tout ceux qui ont décidé de sacrifier l’agro-alimentaire breton à l’Allemagne, au Brésil, à l’Oubangi-Chari, nos génies à Paris, qui ont décidé d’installer des portiques écotaxe, qui ont décidé de fermer PSA, etc… ce sont eux qui en porteront la responsabilité. Eux seuls! Eux seuls putain !

Mael Pellan

51 Commentaires

  1. Bonjour,
    je rejoins la métisse du nord et de l’est : que crèvent ces usines de mort ! Elles polluent la Bretagne et asservissent les Bretons. Elles arasent nos talus et déroulent des tapis de bitume, sans parler du va-et-vient des pétroliers qui n’ont pas manqué de s’échouer sur nos rochers au nom des nouveaux marchés à gagner justement…
    Il faut bel et bien inventer un nouveau paradigme économique pour que revive la Bretagne, pour le peuple et la campagne bretonnes, sans qu’aucun marché boursier ou une férule colonisatrice nous donnent la cadence, à coup de sacrifices culturels et sociaux : “modernise toi, va à la chaîne, abandonne ta langue de plouc, etc.”. C’est aussi ça GAD, Doux, PSA et leurs copains.
    War sav Breizh ! Mais pas pour servir les esclavagistes.

  2. Je suis d’accord avec ce que je viens de lire y’en a marre de ces gros pansus de politiciens et des actionnaires étrangers qui s’en mettent plein les fouilles bretons réveillons nous

    • La lutte armée pour défendre l’agroalimentaire breton, ces entrepreneurs gavés de subventions, pratiquant le moins-disant social ? Ceux-là même qui ont tout misé sur une agriculture-élevage productiviste, polluante, financée par le biais des collectivités, en s’affranchissant de certaines règles (augmentation illégales des tailles de porcherie, épandage sauvage) ? Défendre le droit de polluer avec son camion diesel ? Défendre la production “bien de chez nous” contre les étrangers envahisseurs, sachant que Doux, par exemple, possède des usines de volailles au Brésil ?
      Le “modèle” breton est fini et bien fini. Sont coupables ceux qui l’ont mis sous perfusion depuis des années, et ceux qui n’ont pas inventé – ou ont freiné – un autre modèle.
      Envoyer des jeunes au casse-pipe sur un air patriotique-révolutionnaire à deux balles est bien irresponsable.

  3. Mon combat est la Réunification avant tout, Sonia Meziane, tu le sais ! Et nous avons tellement de boulot la dessus, que je ne peux m’investir politiquement ! Chaque chose en son temps ! Quand cette injustice sera réparée, si j’en suis encore capable, vu l’age avancée que j’aurai, je ne dit pas non au combat politique !

  4. Le problème est aussi pratique. La lutte armée implique la clandestinité, ce qui veut dire une vraie formation mais aussi de l’argent (je vois mal un groupe clandestin lever “l’impôt révolutionnaire”). Surtout, la police a fait quelques petits progrès, notamment au niveau scientifique. La lutte armée me semble aujourd’hui difficilement envisageable. Le seul point positif serait peut-être un environnement social plus favorable.

  5. Ouai, j’imagine, d’un autre côté, ca ferai bouger les choses, et peut etre prendre conscience aux Bretons qu’ils faut qu’ils se bougent le cul “TOUS” !!! Et pas seulement quand ça va mal, et qu’il est trop tard !

  6. Tu as raison, nous vieux, nous aurons toujours du recul a franchir le pas ! Eux, beaucoup moins ! Mais il ne le faut pas, même si………………! L’occasion serait trop belle pour la France de ressortir les vieux démons des terroristes Bretons !

  7. La France a inventé une arme fatale en 1972 les régions administratives – tant que c’était comme à Nantes que quelques bureaux dans la Tour Bretagne ça allait pas loin mais voilà un président rose ancien vichyste est arrivé au pouvoir et a perfectionné le système avec renforcement de la partition de la Bretagne en 1982 – les notables et leurs obligés ont été achetés ( postes, indemnités et subventions aux associations si dociles) – tout le système breton qui avait pu réagir dans les années 60 était ainsi hors service – il n’y aurait plus de réaction organisée durant 30 ans jusqu’au réveil brutal en 2013 mais on est à poil! il faut recréer un nouveau CELIB, un nouveau logiciel comme celui des années 70 de “Bretagne Colonie” , d’autres structures plus radicales … 30 ans de perdu !!!!!!!!!!!!

    • A l’aut’ Delcambre là : Eh viens trimer ici avant de nous faire la leçon, l’exilée. Et si les ploucs de chez nous t’ont fait fuire, tant mieux, reste où t’es, on se passera des gens comme toi, surtout si t’as pas mieux à proposer que de faire de nous une réserve de singes à visiter par les touristes plus favorisés. Reste où tu es, on se débrouillera bien mieux sans les gens comme toi.

      • L’aut’ Delcambre mon p’tit chou, elle aurait bien voulu rester travailler en Bretagne, mais elle avait le choix entre l’ANPE de St-Nazaire et un poste en Picardie… Alors elle s’est résignée, elle a fait ses cartons et elle partie bosser à Beauvais, espérant revenir en Bretagne. Seulement, elle s’est heurtée à un obstacle propre à notre mentalité et absolument illégal, la discrimination “raciale”, car elle porte un nom du nord de la France au lieu de s’appeler Guézou ou Kerdoncuff. Je suis partie, car entre travailler dans une usine dépassée et indigne de nous et s’exiler, j’ai su me forcer à partir. Aucun plouc ne m’a fait fuir, car pour moi, les Bretons ne sont pas des ploucs. Il y a de sacrés cons, comme partout, je crois que t’en sais quelque chose, non ? Ensuite, je ne veux pas que les touristes viennent nous regarder nous, mais qu’on leur offre la chance de découvrir notre pays. Quand on a la chance de vivre au Paradis, on a le devoir de partager avec les autres. Quant aux “touristes favorisés”, ils ont une chose dont nous avons tous besoin, à savoir des sous, du flous, de l’artiche, de l’oseille, du fric,… bref des devises sans lesquelles l’économie d’un pays est morte. Soit dit en passant, et pour conclure, le tourisme crée des emplois tout à fait honorables et je n’ai jamais eu l’impression que les gens qui travaillent à Poulfétan soient visités comme des singes dans une réserve, tandis que les malheureux qui travaillent dans les abattoirs à volailles pour des noyaux de pêches ne me paraissent guère heureux ni épanouis… Enfin, à chacun sa conception d’une belle et prospère Bretagne.

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