Home Annonces Culturelles Fleur d’ajonc : emblème végétal de la Bretagne !

Fleur d’ajonc : emblème végétal de la Bretagne !

Vannes, lundi 12 décembre 2016, après l’opération Plant2016, organisée par l’Institut Culturel de Bretagne, les membres du Conseil des Sages de l’Institut, lors de la réunion du 10 décembre 2016, ont étudié les propositions qui leur ont été envoyées et ont retenu la fleur d’ajonc comme emblème végétal de la Bretagne.

Plant2016 avait pour idée de définir une plante symbole de la Bretagne à l’instar de nombreux pays dans le monde : « Le Pays de Galles a la jonquille, l’Écosse a le chardon, l’Irlande a le trèfle. Et la Bretagne ? Nous n’avons pas de plante emblème, mais il n’y aucune raison pour que nous n’en ayons pas une.
Les plantes-emblèmes sont nombreuses dans le monde. Tous les états du Brésil et des États-Unis d’Amérique on la leur. L’Australie a choisi le Golden Wattle en 1988 et le Québec a désigné le bouleau jaune en 1993. »

 

Entre le 1er mai et le 30 septembre ont été collectées les réponses des Bretons au sujet de la plante-symbole à choisir pour leur pays. Près de 800 réponses concernant 93 sortes de plantes furent adressées.

Les Conseillers ne purent qu’entériner les résultats : ce fut l’AJONC qui fut cité le plus souvent. Voici les chiffres des plantes proposées 10 fois ou plus : l’ajonc 207 fois ; la bruyère 96 ; l’hortensia 74 ; le genêt 74 ; le blé noir 25 ; l’hortensia bleu 14, l’armérie maritime 12 ; l’artichaut 11 ; le narcise des Glénan 10. 48 plantes sont citées une seule fois.

Les arguments en faveur de l’ajonc mis en avant par ceux qui l’ont proposé sont nombreux et variés : en fleurs toute l’année, à l’origine de dictons et de devinettes, les paysages, la nourriture pour les chevaux etc. Une équipe, ouverte à tous, dont le but sera de promouvoir l’emploi de cette plante, sera créée au sein de l’Institut Culturel de Bretagne

Tud Kuzul Re Fur Skol-Uhel ar Vro, e kerzh emvod an 10 a viz Kerzu 2016, o deus studiet ar c’hinnigoù a zo bet kaset dezho e-keñver an oberiadenn PLANT2016. Etre ar 1añ a viz Mae hag an 30 a viz Gwengolo e voe dastumet respontoù ar Vretoned diwar-benn ar blantenn-arouez da zibab evit o bro. Tost da 800 respont o tennañ da 93 seurtad plant a voe kaset.

Ar Guzulierien n’o deus graet nemet kaougantañ an disoc’hoù : Al LANN eo a voe meneget ar muiañ. Setu sifroù ar plant kinniget 10 gwech pe muioc’h : al lann 207 gwech ; ar brug 96 ; an ortañsia 74 ; ar balan 74, ar gwinizh-du/an ed-du 25 ; an ortañsia glas 14 ; an armor 12 ; an artichaod 11 ; foeon-ar-Glenan 10. 48 plantenn zo bet meneget ur wech hepken.

An arguzennoù evit al lann, displeget gant ar ginnigourien, zo niverus ha liesabeg : e bleuñv a-hed ar bloaz, e orin lavarennoù ha divinadelloù, ar gweledvaoù, boued evit ar c’hezeg ha reoù all c’hoazh. Ur strollad, digor d’an holl, a vo e bal brudañ implij ar blantenn-se, vo krouet e korfad Skol-Uhel ar Vro.

Da vezañ kendalc’het…

Afin de poursuivre l’ aventure avec l’ajonc :  vous retrouverez chaque semaine sur la page Facebook de l’ICB et sous forme de feuilleton, le chapitre « L’ajonc sur le bout de la lande », tiré de l’ouvrage « Du chêne au roseau » par Daniel Giraudon, professeur émérite à l’UBO-CRBC, avec son aimable autorisation.

« En dehors des couleurs qui distinguent leurs drapeaux, de nombreux pays ont choisi des plantes comme emblèmes nationaux. C’est le cas par exemple outre-Manche pour l’Ecosse avec le chardon, pour l’Irlande, avec le shamrock, pour le pays de Galles avec le poireau, et aussi pour l’Angleterre avec la rose. La Bretagne, quant à elle, aurait bien pu troquer l’hermine contre l’ajonc tant ce buisson, et la lande sur laquelle il pousse, font partie intégrante du paysage. La moindre description de l’Armorique, dans des ouvrages, il est vrai souvent à la recherche de pittoresque, réserve toujours quelques lignes pour ces épineux aux fleurs jaune d’or. Plusieurs poémes consacrés à la Bretagne ne sauraient s’en passer. Beaucoup d’entre nous ont appris à l’école primaire ce poème signé José Maria de Herédia : « Les ajoncs éclatants, parure du granite, dorent l’âpre sommet que le couchant allume… ». A tel point que l’ajonc est venu prendre sa place au magasin des clichés d’une certaine poésie bretonne qu’Anatole Le Braz qualifiait de poésie passe-partout, invariablement calquée sur le même poncif, et qui n’a de breton que le nom. Ainsi écrivait-il avec un rien de moquerie: « Vous prenez quelques clochers à jours, quelques calvaires, un air de biniou, trois notes de bombarde ; vous ajoutez un brin de genêt, un bouquet d’ajonc-d’or, du vent, de la brume, de la pluie, de la mer ; vous mêlez le tout, vous agitez fortement…et vous avez la Bretagne » .

Toutefois, comme nous allons le voir, l’ajonc breton n’a pas seulement servi les rêveries des poètes. Il a tenu une place relativement importante à la fois dans l’économie de la paysannerie et dans ses traditions orales.

1) L’ajonc combustible

Sur le plan économique tout d’abord, l’ajonc a constitué pour les populations rurales et côtières un combustible bon marché qui faisait souvent défaut dans un pays balayé par les vents. C’est particulièrement vrai sur les côtes où les arbres avaient bien du mal à pousser. Il n’y a pas si longtemps encore, que ce soit pour le chauffage de la maison, pour la lessive ou pour la préparation de la nourriture des hommes et des bêtes, il fallait passer par l’âtre de la cheminée.

L’ajonc venait en complément des fagots que l’on tirait des chênes émondés tous les neuf ans. L’ajonc destiné au chauffage était coupé tous les trois ou quatre ans . En Léon, selon l’informateur de Fanch Elegoet, on commençait à couper l’ajonc comme bois de chauffage en février mais le plus souvent cela se faisait au mois de mars jusqu’à mi-avril. Plus tard, la sève monte, les fagots moisissent et moisis, ils ne sont ni aussi beaux, ni aussi bons. En Trégor, mon informateur Marcel Le Bougeant, qui travaillait à la tâche, deus varc’had, commençait plus tôt. Il me disait qu’il effectuait la coupe de décembre jusqu’en avril. Il descendait avec son frère Yves tous les jours, du côté de Beg ar vorn, pour couper l’ajonc de décembre jusqu’en avril. Ils partaient à 7heures du matin et coupaient jusqu’au coucher du soleil. En général, un bon coupeur d’ajonc faisait sa centaine de fagots par jour dans des conditions normales. Les fagots étaient attachés avec des liens d’ajoncs . On mettait en tas jusqu’à 200 fagots. Après il fallait remonter tout ça là-haut en le portant sur le dos. Après on les laissait sécher pendant une huitaine de jours, en tas dans la cour de la ferme. Au palmarès de Marcel Le Bougeant : 8000 fagots d’ajonc par an dans les années 40. »

A suivre…

https://www.facebook.com/institutculturel.debretagne/posts/1017144621746404

NO COMMENTS

Bonjour, laissez ici votre commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

7seizh.info

GRATUIT
VOIR