Sud Bretagne, un important tremblement de terre est-il possible ?

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Bien souvent, les médias se veulent rassurants. La Bretagne connaît un regain d’activité sismique ces dernières années sans gravité, les secousses sismiques étant de faible intensité. Toutefois, l’histoire nous dit que plusieurs centaines de tremblements de terre ont secoué la Bretagne depuis le haut-Moyen-Âge. Certains séismes sont remarquables :

  • En 1286, la Chronique de Saint-Brieuc indique qu’à la mort de Jean Ier, souverain de l’Etat breton, le 8 octobre, la terre tremble dans toute la Bretagne, pendant 40 jours et plusieurs fois par jour. Surtout à Vannes, où le tremblement fut continuel et renversa de nombreux édifices. Puis, des tremblements se firent sentir pendant près d’un an principalement à Vannes, mais avec des intervalles (Pr. I. 41). Les habitants y avaient vu un signe céleste ;
  • En 1427, un tremblement de terre se fait sentir depuis Montpellier jusqu’en Hollande. La ville de Nantes est en partie renversée. 13 villages sont engloutis dans la contrée de Dol, 55 en Hollande (Chèvremont) ;
  • En 1799, un séisme est ressenti sur toute la façade atlantique. Il a pour centre le Marais Breton à la frontière sud de la Bretagne, en Vendée. « Des quartiers surtout sont abîmés, des maisons ont écroulé en entier, les habitants obligés de se sauver par les brèches des murs et de la toiture. D’autres maisons, les murs au ras des terres, se sont détachées de leurs fondements et déportées soit en avant soit en arrière », explique le jour même, le sieur Mignon, commissaire du Directoire exécutif auprès du canton de Bouin ;
  • En 1902, un séisme de 6 sur l’échelle de Richter est principalement ressenti à Belle-Île ;
  • En 1930, toujours dans le pays de Vannes, un fort séisme dont l’épicentre était à Meucon, estimé entre 7 et 8 sur l’échelle de Richter, secoua le Golfe du Morbihan. Il fut précédé de plusieurs répliques ;
  • En 1959, de Quimper à Melgven, une importante secousse, déterminée d’environ 6 sur l’échelle de Richter, fit d’importants dégâts matériels. Le séisme fut ressenti jusqu’à Paris selon les témoignages de l’époque.

Une Cordillère des Andes

Le cisaillement sud-armoricain concentre la plupart des tremblements de terre de Bretagne. Il part du Sillon de Bretagne à Nantes, passe par la dépression des Landes de Lanvaux, pour finir dans l’Océan, à la Pointe du Raz. Il faut imaginer une cordillère semblable à celle des Andes, culminant à 6000 m. d’altitude, lors de la collision continentale hercynienne il y a 330 millions d’années. Le massif armoricain subit aujourd’hui une double pression, celle des Alpes et des Pyrénées à l’Est et au Sud, celle de la dorsale atlantique à l’Ouest. Dans la progression du continent africain vers le nord, la plaque eurasienne se déforme ; la faille sud-armoricaine est un espace de réajustement glissant d’Est en Ouest en son Sud et d’Ouest en Est au Nord. Le Nord du cisaillement breton subit un « rajeunissement » tandis que son Sud s’effondre. Les espaces maritimes entre les îles du Golfe étaient des vallées et la mer commençait bien plus loin que l’actuel littoral par cet effondrement progressif et la montée des eaux. Le phénomène est désormais accéléré par le réchauffement climatique.

L’activité tectonique en Bretagne fait bel et bien partie de son histoire.

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