Le gendarme breton Arnaud Beltrame n’est pas “mort pour la patrie” française. Bien au contraire, il est mort à cause d’une politique favorisant l’expansion de l’islamisme le plus haineux en Europe et à travers le monde ; il est mort des suites de plusieurs décennies de colonialisme politique et économique occidental à travers le monde, générant des exils massifs et des crispations ; il est mort car il a été égorgé au nom d’une croyance, selon les versets d’un dogme ; il est mort pour protéger des victimes de ce fanatisme ; il est mort à cause du laxisme ciblé et des non-dits ; il est mort à plusieurs kilomètres de son pays d’origine, comme beaucoup d’autres Bretons.

Les représentants des partis politiques français pourront toujours en faire un patriote bleu-blanc-rouge pour justifier son réel courage et son engagement, ils useront d’une stratégie bien rôdée : celle de dédouaner la France de toute responsabilité pour garder la tête bien haute.

Oui, il est probable que l’engagement du Colonel Beltrame durant sa vie soit patriotique français : seul lui pouvait le dire et ça ne change rien aux faits.

En échange d’un salaire peu exaltant, l’Etat expose la vie des forces de l’ordre et leur fait endosser des responsabilités de plus en plus lourdes, sans les moyens adaptés et sans grande récompense. Or, c’est sans vergogne que cette France en fait un héros post mortem à travers de martiales cérémonies. La nécrophage machine médiatico-cocardière française est en marche. On dirait presque que cette France centraliste jubile dans la surenchère patriotique macabre. Hier, gendarme, cet homme aura au moins eu les honneurs d’un chef d’Etat dans une cérémonie parisienne.

Arnaud Beltrame était breton d’origine. Comme de très nombreux Bretons, il est mort hors de son pays, en France, pour défendre les autres. La Bretagne est généreuse, très généreuse, à son détriment et jusqu’à s’autodétruire. Il rejoint dans nos cœurs les 240 000 morts bretons officiels de la 1èreGuerre Mondiale (chiffre revu à la baisse par les historiens français qui ont tout intérêt à minimiser la boucherie), les milliers de Bretons qui ont laissé leur vie en Algérie, en Indochine, comme dans tout l’empire colonial français. Et ce, jusqu’aux guerres contemporaines où les peuples sont sacrifiés sur l’autel d’intérêts politico-financiers destructeurs. La seule différence, et elle est de taille, Arnaud Beltrame savait pertinemment pourquoi il risquait sa vie : pour protéger ses pairs, à son seul détriment.

Et comme s’il fallait ajouter au malaise, nous avons affaire à un gouvernement qui s’étonne que l’un de ses fichés S n’ait pas “averti” de son acte. Qu’attendait ce gouvernement ? Un coup de fil au ministère de l’Intérieur pour les prévenir de l’escapade meurtrière au supermarché ce samedi, à telle heure, près de la caisse numéro tant ?

A l’heure où la récupération malsaine bat son plein, saluons humblement le geste de cet homme qui s’est sacrifié pour sauver des vies. Joignons-nous à la tristesse de sa famille et de ses proches. Son acte aidera la Raison à l’emporter sur les obscurantismes.

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