Les langues régionales, victimes collatérales de la lutte contre l’extrémisme religieux

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Vendredi 30 mars 2018, Le Parlement français a voté la proposition de loi visant à simplifier et mieux encadrer le régime d’ouverture et de contrôle des établissements privés hors contrat ce jeudi 29 mars à l’Assemblée Nationale. Des écoles en langue régionale vont en pâtir.

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Les écoles privées hors contrat véhiculeraient “des idéologies identitaires anti-républicaines” selon Alexis Corbière. Le député de la France Insoumise a prononcé ces mots à l’Assemblée Nationale ce 29 mars lors du vote du parlement sur la proposition de loi visant à simplifier et mieux encadrer le régime d’ouverture et de contrôle des établissements privés hors contrat.

Problème : les écoles privées hors contrat constituent un ensemble éclectique. On y trouve des établissements qui dispensent un enseignement religieux parfois extrémiste (comme le groupe scolaire Al Badr de Toulouse) et des écoles en langues régionales. Afin de mieux contrôler les premières, les secondes se voient imposer des mesures plus drastiques pour pouvoir continuer à se développer et enseigner.

Des écoles Diwan en langue bretonne font partie des établissements touchés. La quasi-totalité d’entre elles sont sous-contrat avec l’Etat français, mais pas celles qui ont moins de deux ans d’existence, comme l’explique leur présidente Stéphanie Stoll, suite à un accord avec les rectorats de Rennes et de Nantes. Ailleurs dans l’Hexagone, toutes les écoles privées hors-contrat ont un délai de cinq ans avant de pouvoir prétendre changer de statut.

Des langues reconnues dans la Constitution

“Cette loi va rendre plus difficile l’ouverture de nouvelles Diwan” assure Stéphanie Stoll. Dorénavant, pour être directeur d’un établissement privé hors contrat, il faudra avoir exercé pendant cinq ans au moins les fonctions de professeur ou de surveillant dans le second degré. Un profil très restrictif pour trouver des candidats au poste de direction. Comme les Diwan, les calandreta en Occitanie sont également touchées.

Le député des Côtes-d’Armor, Marc Le Fur, demande au ministre de l’Education nationale à ce que les écoles en langues régionales ne soient pas impactées par la loi. “Ces langues sont inscrites dans la Constitution française” rappelle-t-il. Le réseau des écoles Diwan étant connu de l’État français et sous-contrat avec lui, il souhaite que celles de moins de deux ans d’existence ne souffrent pas de la loi.

Les ikastola, elles, ne sont pas concernées par cette affaire. Toutes sont liées au ministère de l’Education Nationale grâce à une convention signée avec l’Office public de la langue basque (OPLB), qui elle-même a une convention constitutive avec l’État notamment. Mais cela ne l’exonère pas d’autres problèmes. Les écoles en langue basque auraient besoin de 25 nouveaux professeurs à la rentrée prochaine quand le ministère ne prévoit aucune création de poste.Diwan, Calandreta, Ikastola… plusieurs écoles, plusieurs langues, un combat.

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