2018, l’année de la révolte des territoires!

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Samedi 22 décembre 2018, Dans une France au conservatisme dépassé, au centralisme ankylosé et au jacobinisme suranné, 2018 aura été l’année de la révolte des territoires. Il est plus que temps de structurer cette révolte!

 

Le jacobinisme, ce cancer bien français

 

 

 

Alors que tous les pays d’Europe ont, durant les 50 dernières années, tous évolué vers plus de décentralisation, plus d’évolution, plus d’autonomie, plus de fédéralisme voire même plus, la France a traversé les 5 dernières décennies dans le formol! Incapable de se réformer, incapable de se repenser, incapable de se restructurer, elle est demeurée semblable à elle-même, dépassée. Dépassée par l’histoire, dépassée par les événements et désormais dépassée par la révolte des territoires.

En effet, en 50 ans, aux mesures technocratiques et bureaucratiques, les gouvernements de droite comme de gauche n’ont jamais été à la hauteur ou alors, pour les très – mais très – rares exemples de gouvernements courageux, ils n’ont pas osé défier l’administration centrale à la française composée de tous ces énarques dont le formatage est tel qu’il leur est impossible de voir le monde, la vie et la réalité au-delà du périphérique. C’est de là qu’est née la révolte des territoires.

 

La Corse ouvre le bal

 

En 2018, cette révolte a commencé en Corse. Au sortir de l’élection territoriale de décembre 2017 remportée par les nationalistes avec une majorité absolue des sièges (41/63) et des voix (56,5%) dans une quadrangulaire (!), Paris aurait dû ouvrir les portes du dialogue, les portes de la paix, les portes de l’espoir.

 

Que nenni! Paris a tout fermé et à double tour d’abord avec un discours glacial, martial et réquisitorial d’Emmanuel Macron, qui a démontré l’étendue de son talent d’énarque pour fouler au pied la démocratie, lui, l’éphémère candidat du ”pacte girondin’ Puis avec une succession de visites ministérielles toutes aussi inutiles qu’improductives puisque les portes avaient été fermées, verrouillées puis condamnées.

 

Mais, heureusement et évidemment, les Corses ne se sont pas laissés intimider. Nationalistes ou pas, les Corses ont refusé ce mépris de Paris, ce déni de démocratie et continuent de demander pacifiquement, démocratiquement, publiquement le respect du vote des Corses.

 

La révolte de la Corse, c’est le refus d’un peuple de se soumettre à un Etat qui lui refuse son droit à l’existence. Cette révolte des territoires, elle vient de loin, de très loin, de très très loin dans le temps et dans l’espace, c’est un combat vieux de plusieurs décennies!

 

Car, in fine, une autre révolte des territoires a marqué l’année 2018, c’est le résultat surprenant du référendum en Kanaky. 43,3% de votes pour l’indépendance quand les sondages, l’administration coloniale et Paris, sa capitale, imaginaient que les voix pour la liberté seraient cantonnées au rang de témoignage largement sous le seuil des 30%.

 

Là aussi, que va faire Paris? Va-t-elle considérer que le statu quo est viable ou va-t-elle enfin se mettre autour de la table et discuter de tout sans préalables ni tabous? Poser la question, c’est déjà y répondre un peu tant Paris est incapable de raisonner démocratiquement car, n’en doutons pas, c’est de la révolte des territoires que naîtra le rapport de force nécessaire pour faire plier l’establishment et non d’un changement intra-muros.

 

La révolte prend partout

 

L’année 2018, c’est l’année de la révolte des territoires un peu partout. L’Alsace supprimée, éliminée et enterrée par les socialistes et la droite a connu une deuxième jeunesse grâce… aux Alsaciens qui ont refusé de disparaître au profit d’un technomachin appelé le ”Grand Est”. Paris n’a concédé que des miettes mais des miettes qui n’auraient jamais existé sans la mobilisation des autonomistes alsaciens. Des miettes qui sont loin de suffire car le peuple alsacien n’est toujours pas reconnu mais qui prouve que de la révolte des territoires peuvent naître des avancées.

 

2018, c’est aussi l’année de la Bretagne et de sa réunification. Plus de 100 000 signatures collectées en Loire-Atlantique pour une consultation sur la réunification de la Bretagne, soit plus de 10% du corps électoral, l’équivalent d’une pétition de près de 5 millions de personnes à l’échelle de la France! Quelle a été la réaction des élites parisiennes – ou parisianisées mais élues dans les territoires? Circulez, il n’y a rien à voir! Il ne peut et il n’y aura pas de consultation ou de référendum. À croire que les Pays de la Loire, région sans identité parce que sans territoire, sont ”uns et indivisibles”. On aura tout vu pour défendre l’indéfendable statu quo.

 

Mais les Bretons, et les autonomistes bretons en tête, se battent, depuis des décennies, pour que Nantes revienne en Bretagne, elle qui a toujours été bretonne. Ils n’abandonneront pas devant les arguments lapidaires et péremptoires d’une administration complètement dépassée. La révolte ne fera que s’amplifier.

 

2018, c’est toujours la révolte des Catalans qui refusent de perdre leur identité et d’être fondus dans une région Occitanie qui nie le pays catalan. C’est aussi le retour du débat sur la fusion des 2 départements savoyards et de la création d’une région Savoie. C’est la bataille des provençaux pour renommer la PACA “Provence” et non “région Sud”, le plus technocratique des noms possibles proposé par le Président de la PACA, Renaud Muselier. C’est enfin, la montée en puissance de la collectivité d’agglomération du Pays basque.

 

2018, c’est enfin, l’année de la création d’un groupe parlementaire autour de la question des territoires ”Libertés et Territoires” avec nos 3 députés nationalistes corses, Jean Felix Acquaviva, Michel Castellani et Paul-André Colombani ainsi que l’autonomiste breton Paul Molac.

 

Et les gilets jaunes?

 

Bref, 2018 c’est l’année des territoires et de leur révolte. Et comment parler de révolte sans parler des ”gilets jaunes”. Une partie du message porté par les ”gilets jaunes” c’est justement la lutte contre la fracture territoriale, celle-là même que les autonomistes et indépendantistes combattent.

 

Il existe de véritables convergences sur ces themes-là et seule la convergence les luttes peut permettre de faire sauter le verrou parisien et son jacobinisme qui est le véritable cancer de la France. Elle en mourra tôt ou tard sauf à entreprendre une thérapie de choc, qui passe par la fin de la domination des corps ”d’élites parisiens” sûrement trop intelligentes et trop subtiles pour être comprises par les peuples vivant dans les territoires. Cela passe par la mise en place d’un fédéralisme différencié allant jusqu’à une autonomie de plein exercice et de plein droit et la reconnaissance de tous les peuples, de leur langue et leur culture.

 

Si 2018 a été l’année de la révolte, 2019 doit être l’année de la récolte pour tous les territoires car, face au conservatisme dépassé, au centralisme ankylosé et au jacobinisme suranné de Paris, la diversité qui nous unit est notre plus grande force! Révoltés de tous les territoires, unissons-nous!

 

Roccu GAROBY

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