Assistantes maternelles : la menace de la réforme du cumul emploi-chômage

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samedi 2 février 2019, La réduction du complément chômage met en péril la sécurité de leur emploi, déjà précaire. Samedi 2 février, elles se rassembleront dans tout l’Hexagone pour défendre leurs droits. Témoignage de Nathalie Veloso, assistante maternelle à Saint-Pierre-d’Irube et référente locale de la mobilisation des “Gilets roses”.

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Nathalie Veloso, assistante maternelle a Saint Pierre d’ Irube Jeudi 31 Janvier 2019. (Photo Bob Edme)

Leurs journées commencent à 7h30, parfois 6h30. Il y en a qui travaillent le samedi, voire le dimanche, ou même la nuit. Des semaines de 50 heures “minimum”, comme en témoigne Nathalie Veloso, assistante maternelle indépendante à Saint-Pierre-d’Irube. Comme environ 330 000 autres femmes à travers l’État français (1), elle accueille et garde de jeunes enfants, à son propre domicile. C’est l’ensemble des métiers à activité réduite qui sont aujourd’hui menacés par la réforme du cumul emploi-chômage.

 

 

“On est dans un milieu assez spécifique, avec un travail très précaire, car ce sont des contrats qui prennent fin très régulièrement”, explique Nathalie. “Il arrive que l’on perde des contrats. Dans ce cas, on a droit au complément chômage, ce qui nous permet d’avoir le temps de retrouver d’autres emplois. Mais en attendant, on continue quand même de travailler. Si on n’a qu’un seul contrat à 50 heures par semaine, on va gagner entre 500 et 600 euros par mois”. Le salaire horaire oscille entre 3,40 euros et 4,50 euros. Nathalie, qui garde quatre enfants, touche 2 000 euros net par mois pour 50 à 60 heures de travail par semaine. “On est en dessous du Smic”, glisse-t-elle.

Un travail “colossal” mais peu visible

L’assistante maternelle adore son métier qu’elle exerce depuis 15 ans. Mais elle estime qu’il n’est pas suffisamment valorisé et qu’il est encore mal perçu par les parents. “On nous associe souvent aux nounous d’avant, aux nourrices, alors que c’est fini. On commence à s’organiser en petites associations, qui nous permettent d’avoir des salles supplémentaires pour faire des activités en commun”, explique-t-elle. Elle-même fait partie de l’association Haurzaina, qui réunit une vingtaine d’assistantes maternelles des communes du pôle Nive-Adour.

L’assistante maternelle déplore l’invisibilité de son activité, trop souvent oubliée par les parents à l’heure de choisir un mode de garde pour leur progéniture. Pourtant, ce n’est pas la demande qui manque. “Les gens pensent tout de suite à la crèche, soit parce qu’ils pensent que leur enfant va être sociabilisé, soit parce que c’est moins cher. Ce sont de fausses images”. Nathalie assure que le recours à une assistante maternelle ne coûte pas plus cher. “Ils ne voient pas les indépendantes, qui faisons un travail colossal. On travaille dans notre lieu privé, mais à côté, on cherche à ouvrir les enfants sur beaucoup d’autres choses”, souligne-t-elle.

Une réforme qui précarise davantage

“La perte de ce complément chômage va nous mettre encore plus dans la précarité”, craint l’assistante maternelle. “Malheureusement, beaucoup de collègues commencent à dire que si la réforme passe, elles devront arrêter l’activité”. Nathalie, elle, ne lâchera rien et se mobilisera ce samedi 2 février pour défendre ses conditions de travail (2) : “On veut montrer que la précarité dans laquelle on nous met risque de faire disparaître les assistantes maternelles. Or, c’est important d’en avoir, dans les villages et les villes”. Elle tire la sonnette d’alarme, comme un avertissement aux parents : “On risque de se retrouver dans une situation où il y aura encore moins de modes de garde”.

(1) “Gilets roses : les assistantes maternelles sonnent l’alerte sur la réforme du cumul emploi-chômage”, par Ingrid Merckx, Politis, 25 janvier 2019.

 

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