Viande avariée : une nouvelle preuve des dérives de l’agro-industrie

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Mardi 5 février 2019, Six ans après le scandale Spanghero, actuellement devant la justice, l’affaire de la viande polonaise avariée, écoulée frauduleusement notamment en France, montre que des pratiques douteuses perdurent et que rien n’a été réglé.

Cette affaire témoigne à nouveau des dérives de l’agro-industrie et des marchés mondialisés liées à une course au prix toujours plus bas et à des règles peu contraignantes. Pour rappel, l’affichage de l’origine de la viande transformée n’est pas obligatoire dans l’UE* et les contrôles sur l’origine des viandes en point de vente sont rares. Cette opacité des filières agro-industrielles internationalisées, qui réduisent la viande à un minerai, tranche avec la pression des contrôles subis par les paysan-ne-s.

Cette affaire éclabousse pourtant tous les éleveurs et éleveuses, laissant les consommateurs-trices en droit de se demander combien de pratiques douteuses n’ont jamais été révélées ? Face à ces dérives, nous demandons aux pouvoirs publics de ne plus se cacher derrière l’agribashing, en prétendant que tout va bien, mais d’agir. La Confédération paysanne plaide pour une relocalisation de la production et des circuits de distribution, grâce aux leviers des politiques publiques, afin de :

– privilégier les circuits courts, garants de la traçabilité, et les produits de qualité (agriculture paysanne, bio, label…) ;

– développer l’abattage de proximité (petits abattoirs, abattoirs mobiles…), géré par et pour les éleveurs et éleveuses, pour en faire un pilier de ces circuits de commercialisation ;

– réorienter les énormes moyens déployés par l’administration pour accompagner la filière à l’export et ceux de la filière gaspillés en communication vers un objectif de relocalisation.

En un mot, remettre l’élevage paysan au cœur des pratiques et des territoires afin d’être capable d’en expliquer la logique et la cohérence.

Cela implique aussi de mettre fin à la toute-puissance des industriels, qui règnent sur la filière aux dépens des paysan-ne-s et des citoyen-ne-s, en agissant au niveau européen pour :

– imposer une meilleure traçabilité (affichage obligatoire de l’origine des viandes transformées) et de meilleurs contrôles à l’agro-industrie et au commerce ;

–  répartir les marges de manière plus équitable ;

– repenser le commerce mondial et européen en sortant de la logique des accords de libre-échange pour privilégier une rationalisation des échanges européens.

En cas de procès suite à cette nouvelle affaire, la Confédération paysanne étudiera la possibilité de se porter partie civile.

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