Loi Energie : réaction de Greenpeace France

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Jeudi 7 février 2019, Le projet de loi dévoilé aujourd’hui démontre une nouvelle fois le manque d’ambition de la France en matière de politique énergétique et climatique.

Neutralité carbone : trop tardive

Le rapport spécial du GIEC d’octobre 2018 rappelait l’urgence de limiter le réchauffement climatique à 1,5°C et l’ampleur des efforts nécessaires pour relever ce défi. C’est pourquoi la neutralité carbone doit être atteinte au plus tard en 2040, et non en 2050, comme le propose le gouvernement. Un objectif trop vague et trop éloigné qui ouvre grand la porte aux fausses solutions, comme les agrocarburants ou les procédés industriels de stockage du carbone.
Pour Clément Sénéchal, chargé de campagne Climat à Greenpeace France : « Plus que les horizons lointains avancés par le gouvernement, nous avons besoin d’actions à court terme pour répondre à l’urgence climatique. Il est crucial que la France adopte en parallèle à la neutralité carbone une trajectoire plus ambitieuse de réduction de ses émissions de CO2. C’est dès maintenant que les efforts doivent démarrer ».

Nucléaire : un calendrier à risque

Reporter à 2035 l’objectif de réduction de la part du nucléaire aura des conséquences sur la sûreté et la sécurité nucléaire : “En se contentant de repousser les échéances nucléaires à 2035 sans gages supplémentaires en matière sûreté et sécurité nucléaire, le projet de loi énergie du gouvernement est une bombe à retardement” souligne Alix Mazounie, chargée de campagne Énergie à Greenpeace France.
“Le gouvernement aimerait nous faire croire que repousser de 10 ans l’objectif de réduire à 50% la part du nucléaire dans la production d’électricité est une simple formalité. En réalité, cette décision aura des conséquences très graves pour la sûreté et la sécurité des installations nucléaires. La situation est déjà dramatique en 2019, qu’est-ce que cela donnera en 2035?  44 réacteurs encore en exploitation avec une moyenne d’âge de 49 ans, des équipements usés, des installations saturées et mal protégées face aux actes de malveillance, et toujours plus de déchets radioactifs qui s’accumulent. En clair, un risque d’accident et des coûts qui explosent”.
En 2018, le rapport de la Commission d’Enquête parlementaire sur la sûreté et la sécurité des installations nucléaires [1] alertait sur les points de fragilité du parc nucléaire. Pour Greenpeace, ses recommandations doivent figurer au cœur de ce projet de loi, notamment celles visant à renforcer et élargir les pouvoirs de l’Autorité de sûreté nucléaire.

Économies d’énergie : un recul inadmissible

Le projet de loi revoit également à la baisse l’objectif d’économies d’énergie. Un recul inacceptable alors qu’il s’agit d’un levier d’action majeur pour lutter contre la précarité énergétique et pour réduire la facture d’énergie des Français. Comme d’habitude, la France cherche surtout à justifier le maintien de sa production surdimensionnée d’électricité nucléaire plutôt que de s’engager dans une vraie transition énergétique basée sur les économies d’énergie et les énergies renouvelables.

 

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