Guadeloupe. L’indépendance est plus proche qu’on ne le dit…

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Peut être faudra t-il abandonner plus tôt que prévu que la rhétorique marxisto-nationaliste habituelle made in gwadloupe, sur l’indépendance et la décolonisation de notre pays.

En fait le « grand soir rêvé, » souhaité depuis 1963 et la création du GONG.* repris par l’UGTG en 1973, puis par l’UPLG en 1978 ensuite par le GLA en 1979,

Le MPGi en 1981, l’ARC de 1983 à 1988, évoqué par le PCG en 1990, remis au gout du jour par KNLG, et enfin relancé par FKNG ! Depuis 2010…

On notera en passant que LKP en 2009 ne s’est jamais explicitement et clairement positionné sur la question de l’indépendance.

Donc après un demi siècle de tracts, de discours, de lewoz, de manifs, d’attentats, d’arrestations, de procès de militants, de prises de positions, d’émissions sur Radyo Inité, Radyo Tanbou, d’abstention patriotique aux élections « a Fwansé » puis de participation aux élections a Fwansé, le constat est terrible et sans appel : le Mouvement Patriotique, qui a connu son heure de gloire, qui a même parfois fait trembler les murs du système colonial ( Mai 67, Juillet 1985, Janvier/mars 2009) n’ a pas réussi à entrainer les « larges masses populaires » dans une « juste lutte pour laconquête de l’indépendance nationale. ».

Nombre de militants-patriotes qui y ont cru sont parfois déjà morts, ( Jacques Nestor, Sonny Rupaire, Michel Numa, Eric Edinval, Jacques Berthelot, Max Safrano, Roland Anduse, Jean Barfleur, Iréné Chicaté, Ternisien Nomertin…) d’autres sont fatigués, déçus et ont « pris du recul » ( on ne va pas les citer, car al liste risquerait d’être trop longue !) euphémisme pour ne pas dire, qu’ils n ‘y croient plus vraiment. Mais soyons justes tous les patriotes –militants-nationalistes des années 70/80 ne sont pas à la retraite ou en « congé » d’organisations.

Le Mouvement Patriotique Guadeloupéen au niveau organisationnel et militant connaît une passe difficile,un mouvement de reflux,mais c’est là le paradoxe, les idées nationalistes n’ont jamais cessé de progresser et d’irriguer au quotidien la vie des guadeloupéens. Explications.

Qui a introduit le créole, le Gwo ka à l’église et dans les offices religieux ? On l’oublie peut être mais c’est le père Chérubin Céleste, ( militant KLPG) qui fut dans les années 80 l’apôtre de la théologie de la libération en Guadeloupe et jusqu’en Haïti.

Parlons encore du créole, mais cette fois à l’école et dans le medias. En dépit de l’opposition de groupes de pression, qui se sont manifestés auprès des recteurs, le créole est aujourd’hui enseigné de la maternelle à l’université et ce sont les nationalistes guadeloupéens qui dés le début des années 7O ont donné le signal de départ.

Même si le ministère français de l’éducation nationale fait mine de considérer le créole comme une « langue régionale francaise », personne n’est dupe, on sait parfaitement que le créole est la langue native et nationale des guadeloupéens, des Martiniquais et des Guyanais. Son entrée dans le système éducatif actuel AVANT l’indépendance est une victoire. Les nationalistes, pour la plupart militants du Syndicat Général de l’Education en Guadeloupe, qui furent pour certains les ex -étudiants de l’AGEG ont bataillé ferme des décennies contre le pouvoir colonial et l’ont obligé àce compromis historique.

Le créole dans les médias, avant Radyo Inité et Radyo Tanbou, il était très anecdotique sur les ondes d la radio d’état, ( Casimir Letang) c’est l’irruption des radios libres nationalistes dès I981 qui a été le facteur déclenchant. Aujourd’hui à RCI ou sur Radio Gpe 1re le créole est naturellement à l’antenne et plus personne ne s’en offusque.

Qui a créé le Parc National de la Guadeloupe, en 1989 ? je dis bien National. On l’oublie sans doute aussi mais c’est le professeur Jacques Portecop ( nationaliste) qui engagea une longue bataille avec le gouvernement francais et son ministère de l’écologie ; l’obligeant à libérer notre Parc National de la tutelle de l’ ONF. Le Parc National est en Guadeloupe, il n’appartiendra jamais à la France, car il n’est pas délocalisable.

Sur un plan économique et alimentaire, depuis LKP la plupart des communes se sont dotées d ‘un marché régional, où se vendent pour l’essentiel des produits de notre terroir Guadeloupéen.

Faut-il ici rappeler que ce mouvement du “manjé sa nou ka produi é produi sa ka nou ka manjé” relayé par LKP avait bien avant été lancé par l’Union de Paysans Pauvres dès début des années 😯 et repris avec plus de force par l’UPG devenu l’Union des producteurs guadeloupéens. Et qui la 1ere lança l’idée d e l’auto suffisance alimentaire et la “conquête du marché interieur” l’UPG est aussi une organisation patriotique.

Faut-il aussi rappeler que grâce au Dr Henry Joseph la pharmacopée de nos régions a brisé l’interdit colonial. Nos plantes médicinales son reconnues.

Dans le domaine du sport, la Guadeloupe, est aujourd’hui à la Concacaf et considérée comme une « nation » ( sans état et sans drapeau) mais c’est le résultat d’un laborieux travail de fourmi au sein des instances caribéennes du foot Ball initié par le nationaliste Jacques Rugard ex dirigeant de la LGF

Le 24 novembre dernier, le gwo ka notre musique nationale a été inscrite patrimoine immatériel e l’UNESCO., on pourrait penser, mais à tort que cette démarche est une “trahison”, une récupération de notre musique par le ministère francais de la culture.

Mais à bien regarder, cette « inscription » dépasse le cadre franco francais, car l’UNESCO est bien une instance internationale.Désormais le Gwo ka a dépassé le cadre national et caribéen et est devenu mondial..La France peut -elle par ce biais s’approprier le gwo ka? Le travestir? Le comité lyannaj pou gwo ka” devra s’attacher à rassurer ceux qui sont restés figé sur une position conservatrice. L’initiative de l’inscription revient au nationaliste Felix Cotellon.

Et nous pourrions dans TOUS les domaines recenser ainsi toutes ces avancées qui font que notre pays progressivement et presque silencieusement,-au quotidien, avance vers une forme de souveraineté dans des domaines qui s’ajoutent les uns aux autres. Je ne parlerai pas de nos couleurs nationales (rouge vert jaune et noir) qui sont maintenant partout et aussi connues que le drapeau tricolore francais

Il ne reste que la question du statut politique à régler, c’est le plus compliqué. Le politiciens traditionnels pas d’avantage que le s nationalistes n’ont pas non plus réussi à convaincre de leur choix,le peuple guadeloupéen, qui demeure très méfiant quand aux solutions proposées…. Mais dans le même temps, toutes ces avancéés que nous avons noté et qui sont indiscutables, sont bien la preuve que les idées nationalistes font leur chemin et ont singulièrement progressé.

Qui a lancé l’idée d’un Mémorial ? le CIPN de Luc Reinette

Les statues d’Ignace le combattant de 1802, de Solitude ou même du colonel Delgrés sont autant de signes visibles d’une combat engagé depuis près de 2 siècles. Cette lutte pour l’émancipation et la libération nationale est cependant inscrite dans l’ ADN du peuple Guadeloupéen mais est ce suffisant ?

Le Mouvement Patriotique s’il veut convaincre et séduire est condamné àse renouveler, à abandonner des discours obsolètes, parce que rabâchés, usés jusqu’a la corde,à redonner l’envie à notre jeunesse de penser et construire dès aujourd’hui la Guadeloupe de demain.faute de quoi, le gouvernent français n’hésitera pas a faire de Lurel, Gillot, ou Penchard, les néo Senghor et Houphouët –Boigny de la Guadeloupe. du 21é siécle. Tansyon ! Ca se précise…

Danik I. Zandwonis

Article tiré du site caribéen http://www.caraibcreolenews.com avec qui 7Seizh a un accord de partenariat

Article d’origine : http://www.caraibcreolenews.com/index.php?option=com_k2&view=item&id=967:guadeloupe-l-independance-est-plus-proche-qu-on-ne-le-dit&Itemid=214&lang=, 

Note de la redaction

ARC :Alliance Révolutionnaire Caraibe (1983/1988)

AGEG : Association Génerale des Etudiants Gpéens (1961/1983..)

CIPN : Comité International des Peuples Noirs (1990..)

GONG : Groupe d’Organisation Nationaliste Guadeloupéen (1963/68)

GLA : Groupe Guadeloupéen d e Libération Armée (1979/81)

MPGI : Mouvement Populaire Pour la Guadeloupe Indépendante (1980/90)

UPLG : Union Populaire pour la Libération de la Guadeloupe (1978)

KLNG : Konvwa pour LIberasyon Nasyonal Gwadoup (1997/2004)

KLPG : Kretyen Pou Liberasyon a Pép Gwadlouo (1981/87)

FKNG ! : Fos pour Nou Konstrui Nasyion Gwadloup (2010)

LKP : lyannja Kont profitasyon (2009)

UGTG : Union Generale de Travailleurs Gpéens (1973)

PCG : Parti Communiste Gpéen (1958)

 

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