Centralisme structurel et mauvaise gestion : la Cour des comptes pointe l’action culturelle de l’Etat.

Le rapport public annuel 2012 de la Cour des Comptes aborde la question du budget de l’Etat en matière culturelle. Dans ce domaine, le rapport souligne en particulier les difficultés liées à la conduite des grands chantiers.

Parmi les 35 opérations répertoriées par l’étude, 5 seulement sont situées hors Ile-de-France, dont une (marginale en terme de coût) en Bretagne. Celle-ci concerne l’école d’architecture de Nantes, un chantier effectué dans le cadre d’un programme à l’échelle hexagonale. Le rapport le souligne d’ailleurs avec une touche d’humour : depuis 2007, «  le mouvement de décentralisation des grands équipements culturels ne s’est pas amplifié ». Et il conclue : « Au-delà de 2013 […], aucune grande opération nouvelle n’est d’ailleurs programmée en région. ».

Comment ces projets sont-il mis en place ? La Cour des comptes pointe « le pilotage médiocre des grands projets ». « L’enquête de suivi fait ressortir des performances généralement médiocres quand à la programmation des opérations, la tenue des devis et le respect des délais ». En particulier, les coûts supplémentaires sont quasi systématiques et souvent élevés ( surcoûts de plus de 30% pour 5 projets achevés sur 7).

Sur les neuf projets étudiés plus en détail, « Renvoyant aux sévères critiques de la cour en 2007 sur l’insuffisance des travaux préparatoires en amont et sur les défaillances de la préparation des travaux ensuite, l’enquête de suivi révèle les hésitations, les atermoiements et les imprécisions dont pâtissent certaines opérations depuis leur lancement. Ainsi, il aura manqué jusque fin 2011 un schéma directeur pour les travaux du Grand Palais. Cette situation a pour conséquence de masquer l’importance des financements à mobiliser pour un projet qui a coûté déjà 130M d’euros environ et qui pourrait en coûter plus du double dans les prochaines années ». 

En clair, les Bretons – à l’image de la grande majorité des hexagonaux – payent pour des travaux mal menés et des équipements qu’ils n’auront guère l’occasion d‘utiliser. Et le trou financier induit n’est pas prêt de se combler : La cour souligne en effet que le budget de fonctionnement du ministère va augmenter au fur et à mesure de l’achèvement des travaux. « Dans un contexte marqué par les exigences de réduction des déficits publics, la caractère difficilement soutenable du financement des grands chantiers culturels conduit à souligner les risques de tensions budgétaires inhérents aux crédits affectés aux travaux mais aussi mais aussi au fonctionnement de certains nouveaux équipements. »

En attendant, on cherchera vainement dans les villes bretonnes un équivalent du Guggenheim Bilbao ou du Scottish National Museum tout juste restauré.

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