PSA Peugeot Citroën supprime 8 000 emplois dont 1 400 à Rennes.

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L’usine PSA à La Janais, Chartres-de-Bretagne.

La décision était attendue, elle est tombée ce matin du siège de PSA Peugeot-Citroën, à Paris. Le groupe français va supprimer 8 000 emplois dans l’Hexagone suite à la dégradation des ventes sur le marché européen. Le site d’Aulnay-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis, va définitivement fermer en 2014. Rennes-La Janais, premier employeur privé du bassin rennais, va également être touché : 1 400 suppressions d’emplois ont été annoncées.

PSA a précisé que la moitié des salariés d’Aulnay-sous-Bois allait se voir proposer un reclassement dans l’usine voisine de Poissy. L’autre moitié bénéficierait d’un reclassement externe à PSA, toujours selon la direction du groupe. Aulnay-sous-Bois emploie 3 000 personnes et fabrique actuellement la C3.

Pour Rennes, le communiqué de PSA précise “qu’une réorganisation (…) est indispensable avant l’affectation d’un nouveau modèle et des investissements qui y sont liés” sans plus de précision sur ces perspectives futures. La Janais, située au sud de Rennes à Chartres-de-Bretagne, emploie 5 600 personnes (+ 8 000 emplois pour la sous-traitance) et est spécialisée dans le haut de gamme (C5, C5 Tourer, C6, 407 coupé, 508 et 508 break).

PSA Rennes a employé jusqu’à 14 000 personnes dans les années 1980, au temps de l’usine de la Barre-Thomas. Avec 3 000 emplois supprimés depuis 2007, il reste le premier site industriel breton en termes d’effectifs, juste devant les Chantiers de l’Atlantique, à Saint-Nazaire, lui-même en mauvaise posture (voir notre article du 6 avril dernier). Mis en stand-by pendant la campagne présidentielle française, la désindustrialisation de la Bretagne connait maintenant un coup d’accélérateur. Ce premier juin, le groupe Doux (3 400 salariés) basé à Châteaulin a été mis en redressement judiciaire (voir notre article).

Des réactions politiques diverses

Le quotidien Le Monde, dans un article intitulé “Peut-on encore produire des voitures en France?”(édition du 3 juillet), a remis en cause le discours des constructeurs français PSA et Renault selon lequel il est devenu impossible de produire des petits modèles ailleurs que dans les pays à bas coût salarial. Et de citer comme contre-exemples l’usine Toyota à Onnaing (Hainaut), qui fait la Yaris, et l’usine Daimler à Hambach (Lorraine), qui fait la Smart.

Le Parti Breton, seul parti politique breton à avoir réagi aux suppressions d’emplois, va dans le même sens, fustigeant “l’absence totale de prospective économique de nos élus et l’inefficacité de nos institutions”. Dans un communiqué du 5 juillet, Arnaud Montebourg, le ministre du Redressement Productif (nouvelle appellation du ministre de l’Industrie) a nommé un responsable par région pour lutter contre cette désindustrialisation qui est générale en Hexagone. Daniel Delaveau, le maire PS de Rennes, et Jean-Louis Tourenne, président PS du conseil général d’Ille-et-Vilaine, ont déclaré qu’ils étaient « convaincus que la Janais demeure un atout pour le groupe PSA, mais aussi pour l’ensemble de la filière automobile en Bretagne et en France ».

2 Commentaires

  1. D’un côté, c’est bien pathétique mais d’un autre côté c’est logique car l’économie bretonne est totalement sous la dépendance de la France, donc dès que cela commence à éternuer en France, c’est la Bretagne qui est enrhumée. Aussi longtemps que la Bretagne sera soumise d’un point de vue économique exclusivement à la France, cela ne changera pas. De même pour les Bretons. L’approche faite par le “parti breton” est à ce titre novatrice et mérité d’être saluée

  2. Aujourd’hui sur Ouest-France (seulemnt papier) on peut voir une carte trés parlante : l’usine Citroen de Rennes profite non pas à la Bretagne mais à tous les sous traitants entre Paris et Rennes , les seuls beneficaires etaient en gros la haute-bretagne et tout l’ouest français.
    une piste de réflexion sur la place preponderante de Rennes en Bretagne !
    il ne faut pas refaire une minicentralisatioon sur rennes car ça ne profite pas à la Bretagne dans son ensemble.

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