DOUX : des ouvriers racontent (1)

7Seizh est allé à la rencontre des ouvriers de l’usine Doux de Sérent (56). Cette usine a été l’une des plus lourdement touchées par le plan social décidé par le tribunal de Quimper suite à la mise en liquidation judiciaire du groupe agro-alimentaire : 118 emplois vont être supprimés sur les 178 que comptait l’entreprise.

Quelles sont leurs conditions de travail ? Cette faillite était elle prévisible ? Quelle est leur vie dans cette période d’entre-deux ? 7Seizh publie sur plusieurs jours une série d’entretien pour mieux comprendre l’univers des ouvriers de Doux

A la demande des personnes interrogées, les prénoms ont été changés.

7Seizh : Est-ce que cela fait longtemps que vous vous attendiez à la faillite de Doux ?

Yann : Oui, cela fait des années !

Metig : Ca fait des années qu’on prévenait que ça allait mal ! Mais nous, nous n’étions pas écoutés parce que nous ne sommes que des simples ouvriers et bon… il fallait la fermer. Quand on contredisait les choses, on était mal vu… On ne nous écoutait pas.

Et puis, ça fait déjà 4 ans que nous n’avons pas d’augmentation…on a rien, plus de participation, pas d’intéressement aux bénéfices, rien !

7Seizh : Et est-ce qu’on était bien payé chez Doux ?

Metig et Yann : Non on est au SMIC.

Metig : Ca faisait un moment qu’on on leur expliquait ça, qu’on était payé au SMIC et que c’était dur, on nous répondait : « oui mais vous avez l’ancienneté, le 13ème mois » ! Ca c’était presque un cadeau à leurs yeux.

Yann : De toute façon ils étaient dans l’obligation de nous le donner. C’est dans la convention collective.

Metig : Mais s’ils avaient pu l’enlever, ils l’aurait enlevé sans aucun doute !

7Seizh : Et au niveau des conditions de travail ?

Metig : D’après ce qu’on entendait parfois dans d’autres usines à volaille, on était pas les plus mal lotis. On ne va pas dire que les conditions de travail étaient terribles. Il n’y avait plus d’investissement. De fait, plus d’augmentation de salaire, mais au niveau des conditions de travail ça allait encore. On pouvait en parler avec la direction, améliorer certaines choses. On était écouté de ce côté-là. Le directeur de chaque site essayait d’apporter les améliorations qui fallait.

Yann : Suivant les finances qu’on lui donnait plus haut disons…

7Seizh : Revenons aux investissements. Ici il n’y avait plus d’argent injecté dans l’usine selon vous ?

Metig : Non il n’y avait plus rien. C’était toujours du rafistolage.

Gwenn : Ils agrandissaient des bouts d’usine mais c’était à l’intérieur des locaux. Ils « réorganisaient les tailles ».

Metig : Quand la direction faisait quelque chose c’était toujours quelques mètres carrés par-ci par-là. C’était toujours des petits morceaux.

Yann : Il n’y avait pas de nouveaux bâtiments de construit. Alors qu’il y avait de la place. C’était toujours des réorganisations à l’intérieur, de l’existant. Donc ça réduisait notre espace à nous les employés.

Gwenn : Et on sentait un problème de trésorerie, on avait vraiment le sentiment qu’ils tiraient sur toutes les ficelles, ils avaient enlevés les jours de fractionnement par exemple. Ils avaient réussi, par une entourloupe, à faire signer aux salariés un papier déclarant qu’ils abandonnaient ces jours en connaissance de cause. Alors que c’est un droit, c’est dans le code du travail !

Metig : Beaucoup de salariés n’avaient pas signé cependant !

Gwenn : Au niveau de la CFDT on savait aussi qu’ils avaient des problèmes avec l’URSAAF . Apparemment l’usine ne payaient pas toujours l’URSAAF en temps et en heures… Ca tirait vraiment de tous les bouts ! Et puis ce qu’ils essayaient de dire aussi c’est que s’ils avaient des problèmes de trésorerie c’est parce que certains salariés avaient monté des dossiers prud’hommes pour des histoires de pauses non-payées. Mais ça n’a aucune commune mesure avec la dette énorme que traîne Doux bien entendu !

Metig : Et puis cette faillite ne met pas que les salariés en difficulté, il y a aussi les éleveurs. (à suivre)

2 COMMENTS

  1. Je suis bien sur de tous cœur avec vous et avec les ouvriers de chez Gad . Nous sommes tous et toutes admiratifs lorsque nous voyons votre courage et votre abnégation à sauver vos emplois
    Bien évidemment Olivier besancenot et Jean Luc Mélenchon ne sont pas à vos cotés .Ils préfèrent se pavaner à Paris dans une manif’ de lycéens basés sur des mensonges. Nous aimerions beaucoup avoir votre avis sur ce le fait qu’ils ne soient pas présent pour vous défendre et ameuter l’opinion publique. Vous pouvez me répondre sur ma boite email
    Bien à vous Nous vous embrassons très fort.

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