Lettre ouverte aux militants de l’UDB « Réveillez-vous camarades ! »

Tribune Libre de notre collaborateur Charlie Grall

Voir et lire dans son journal quotidien les représentants de l’UDB, Mona Bras, Herri Gourmelen et Christian Guyonvarc’h, tous conseillers régionaux, étroitement associés au Parti Socialiste dans la gestion du Conseil Régional – comme l’est d’ailleurs l’UDB dans les principales grandes villes bretonnes – déplorer , la main sur le cœur, l’absence de «compétence et de moyens » supplémentaires pour les régions, le renvoi aux calendes grecques – en breton d’ar bloavezh erc’h du (l’année de la neige noire !) – de la réunification, la prise en compte réelle des langues régionales… dans le projet de loi sur la décentralisation de Marilyse Lebranchu prêterait à sourire si l’UDB n’avait pas sa part de responsabilité dans cet échec annoncé. Comment peut-on laisser croire qu’on défend véritablement une possible autonomie politique de la Bretagne en s’alliant systématiquement au PS, qui est contre, et en refusant toute idée de construction politique bretonne avec d’autres partenaires, même si le chemin est plus difficile. Ce refus de créer un véritable rapport de force politique breton à gauche, face au PS, est une impasse qui conduit les dirigeants de l’UDB à des pantalonnades aussi affligeantes que l’est la proposition de loi Lebranchu.

Autonomistes, les militants de base de l’UDB le sont certainement. Ils l’ont démontré lors du congrès de Plérin en 2008 où ils ont voté une délibération stipulant qu’en 2009, année sans élection locale, « l’UDB se donnerait les moyens d’organiser une vaste campagne d’information et de sensibilisation sur le thème de l’autonomie, (…) impliquant l’ensemble des forces militantes… ». Un seul responsable monta au créneau contre cette motion : Herri Gourmelen ! Faut-il y voir la raison pour laquelle cette campagne ne fut menée ni en 2009, ni en 2010, ni en 2011 ? Elle aurait pourtant eu toute sa pertinence et n’aurait pas manqué d’influer efficacement sur les débats, sur des bases claires, dans ces périodes pré- électorales ou électorales importantes.

Aujourd’hui, fin 2012, alors que l’acte 3 de la décentralisation laisse apparaître toute l’ampleur de son inconsistance et de sa médiocrité, que les dés sont jetés, l’UDB lance enfin une campagne d’affichage sur l’autonomie ! Un peu comme si on se mettait à militer contre la peine de mort au moment où le bourreau lâche le couperet de la guillotine qui va définitivement vous décapiter. « Réveillez-vous camarades ! ». C’est le peuple breton qu’on assassine.

Charli GRALL
Militant autonomiste breton de gauche.

14 COMMENTS

  1. J’aimerais bien que M. Grall, qui a l’air de s’ériger en expert de la politique bretonne, nous explique comment il compte faire pour engager une réforme de la décentralisation sans le PS.
    Quel rapport de force politique breton veut-il créer à gauche autrement qu’avec l’UDB ? Réunir l’UDB avec Troadec ? Avec Breizhistance ? Restons sérieux : la gauche autonomiste y gagnerait des miettes en termes électoraux et perdrait son rôle d’influence dans la majorité régionale. Il y a tout à perdre à suivre une telle stratégie, surtout quand on voit les « têtes pensantes » que l’UDB devrait se coltiner dans l’opération. Au secours !

  2. Il ne faut pas oublier une chose : tant que vous n’avez pas d’élus, vous n’existez pas. Or, le système d’alliances est le meilleur moyen pour en obtenir (certains diront que l’on vend notre âme au diable, d’autres diront que l’on joue finement). Quoi qu’il en soit, je voudrais rappeler qqch ici : Paul Molac est député. Oui oui, Paul Molac, l’ancien Président du Conseil Culturel de Bretagne et ex-Président de Div Yezh. Ce « proche » de l’UDB, présent à tous nos rassemblements. Ce même Paul Molac a été investi par l’UDB et par le jeu des alliances s’est retrouvé soutenu par le PS (et a minima par EELV). Quand on sait qu’aujourd’hui tout se passe, se décide, encore à Paris, et que je vois dans les commentaires plusieurs demander : « Qu’a fait l’UDB en 40 ans » je répondrai : peut être pas grand chose, mais nous, parti autonomiste, avons fait un député.
    Je rejoins désormais Robert, que nous reste-t-il à faire ? Bcp de choses !

  3. Robert, le PS ?
    Kentoc’h mervel eget bezañ saotret. War un dro e vezomp saotret hag emaomp o vervel.
    Tenez à propos du PS : que pensez-vous actuellement des affaires corses quand MM. Valls et Ayrault veulent anéantir une mafia qui s’appelle PS ?
    Et NDDL, pas de complexe de bouffer dans la gamelle des forces armées qui imposent cela à la Bretagne ?

  4. Tiens ? Encore une critique de l’UDB (à croire que les gens n’ont que cela à faire…) ! Et encore très peu de propositions, ou pas du tout.
    Pour la création du rapport de force breton à gauche, ça a déjà été tenté, sans résultat (voir 1992 par exemple). Désolé de faire ce constat, mais le peuple breton ne vote pas pour les partis politique bretons. A croire que le critère « breton » ne suffit pas à lui-seul. Pourquoi l’UDB « n’a rien fait » depuis 40 ans ? Et bien c’est simple : l’UDB n’a jamais eté majoritaire seule.
    Le système fait en fait que si l’on veut peser, agir un minimum et avoir accès aux dossiers, il faut s’allier avec la majorité de gauche qu’a choisi le peuple. En l’occurrence le PS. Sinon on ne s’allie pas, on fait des scores minables et on disparaît. Quel crédibilité pour un parti politique s’il n’a pas d’élu ? Je pense qu’il est de meilleur ton de se poser la question de ce qu’il reste à faire, et l’UDB est force de proposition pour l’avenir et pèsera le plus possible sur les décisions du PS. La politique ce n’est pas du tout noir ou tout blanc à chaque fois. Il faut savoir négocier subtilement, et les interlocuteurs sont nombreux dans les autres formations politiques.
    Pour KAD, l’UDB a fait le choix de ne pas s’asseoir sur la même table que l’extrême droite bretonne et c’est tant mieux.
    Il se trouve aussi que tout se décide à Paris et je préfère traiter de cette constat bien plus problématique que des choix stratégiques de l’UDB. Sauf qu’il n’y a pas d’élu là-bas. Si ce n’est un, sur combien ?

    • ► Texte : Tiens ? Encore une critique de l’UDB (à croire que les gens n’ont que cela à faire…)
      ► Réponse : Non mais pourquoi pas
      ► Texte : Et encore très peu de propositions, ou pas du tout.
      ► Réponse : On fait part de notre humeur, on n’est pas un parti qui lui est en charge de proposer.
      ► Texte : Pour la création du rapport de force breton à gauche, ça a déjà été tenté, sans résultat (voir 1992 par exemple). Désolé de faire ce constat, mais le peuple breton ne vote pas pour les partis politique bretons.
      ► Réponse : Posez vous la question : Pourquoi ? Parce que les bretons ne s’y retrouvent pas.
      ► Texte : A croire que le critère « breton » ne suffit pas à lui-seul.
      ► Réponse : vous venez, selon nous, de donner la réponse à votre question. Pour nous, breton se suffit à lui seul. « Breton » c’est TOUT. Pas breton de gauche, breton de droite, breton d’estrême, autonomiste, nationaliste, bretonnant, francisant, etc … Diviser pour régner. Bilan : 3/4% de voix par ci, 5/6% de voix par là … chacun s’accroche à ses convictions. C’est très bien, c’est humain … c’est on oublie le plus important, le socle commun, le Bretagne. Il faut réunir sur une socle commun toutes les sensibilités. Bretagne d’abord, Bretagne seulement. Avant d’être de droite ou de gauche, avant de savoir s’il nous faut une autonomie (un peu, beaucoup …) ou l’indépendance politique, etc …
      ► Texte : Pourquoi l’UDB « n’a rien fait » depuis 40 ans ? Et bien c’est simple : l’UDB n’a jamais eté majoritaire seule.
      ► Réponse : et ne le sera jamais. Relis ta dernière phrase. Tu admets en clair que l’UDB n’a rien fait. Et pour toi la raison est parce qu’elle n’a jamais été majoritaire. Mais tu ne deviendras jamais majoritaire si tu ne fais rien. C’est exactement le problème de l’UDB : vous tournez en rond depuis 40 ans sans rien faire de réel.
      ► Texte : Le système fait en fait que si l’on veut peser, agir un minimum et avoir accès aux dossiers, il faut s’allier avec la majorité de gauche qu’a choisi le peuple. En l’occurrence le PS.
      ► Réponse : et quand la majorité est de droite dans le pays d’à côté, tu fais quoi. Encore plus rien ? Quand elle est à gauche (ce qui fut et ce qui est), tu deviens une annexe, tu crois exister mais ta mère PS n’en a rien à faire, des commentaires de quelques udbistes. Tu pèses un tout, tout, petit peu, pour quelques bribes. Quand tu pourrais peser plus si tu arrêtais de quemander pour te prendre en mains comme un grand.
      ► Texte : Sinon on ne s’allie pas, on fait des scores minables et on disparaît. Quel crédibilité pour un parti politique s’il n’a pas d’élu ?
      ► Réponse : c’est quoi le but final ? avoir des élus.
      Yes, je suis élu !! Et alors, et après ? Il fait quoi l’élu, avec qui ?
      On attend toujours cette liste de ce qu’on fait des élus UDB depuis 40 ans.
      Le but ultime est de changer la donne avec un seul intérêt : celui de la Bretagne. Vous c’est de compter des élus.
      ► Texte : Je pense qu’il est de meilleur ton de se poser la question de ce qu’il reste à faire, et l’UDB est force de proposition pour l’avenir et pèsera le plus possible sur les décisions du PS.
      ► Réponse : Par moment, on a l’impression que tu récites ce qu’on t’a appris. Rien n’a été fait ou si peu. Tout reste à faire. Force de proposition, ou branlette intellectuelle ? Peser sur le PS : relis ces quatre mots c’est à hurler de rire. Tu crois encore, après 40 ans de rien, que l’UDB version 2013 va « peser » sur le PS ? Je sais qu’on approche de Noël … mais à ce point.
      ► Texte : La politique ce n’est pas du tout noir ou tout blanc à chaque fois. Il faut savoir négocier subtilement, et les interlocuteurs sont nombreux dans les autres formations politiques.
      ► Réponse : Là je suis tout à fait d’accord avec toi. Mais c’est quoi le résultat tangible aujourd’hui de vos dernières 40 années de « négociation subtile » ? Et si tu mettais toute cette subtilité à négocier plutôt avec ceux qui ont en commun avec toi la Bretagne qu’avec nos ennemis ?
      ► Texte : Pour KAD, l’UDB a fait le choix de ne pas s’asseoir sur la même table que l’extrême droite bretonne et c’est tant mieux.
      ► Réponse : s’il te plaît, réfléchis deux secondes. Tu ne veux pas te mettre à la même table que ton frère, mais tu acceptes de te mettre à table avec les principaux ennemis de ce que tu affirmes être ta préoccupation majeure, l’intérêt suprême de notre Pays.
      ► Texte : Il se trouve aussi que tout se décide à Paris et je préfère traiter de cette constat bien plus problématique que des choix stratégiques de l’UDB. Sauf qu’il n’y a pas d’élu là-bas. Si ce n’est un, sur combien ?
      ► Réponse : tu es bien de l’UDB ! Les temps changent autour de nous les gars, et aujourd’hui, c’est surtout les décisions européennes qui conditionnent notre quotidien breton. Ensuite celles de Paris.
      Arrêtons de nous appitoyer, de quémander, de craindre Paris, le PSF … et prenons nous en mains.

  5. Bretagne demain, Breizh warc’hoazh
    (à retrouver sur Facebook)

    à JBRaMez, et à ceux qui liront …

    Quelle audace et quelle incompréhension totale de notre situation !
    A te lire, il n’existe aucun salut hors appartenance à l’UDB. Tu t’es relu avant d’envoyer ton mot ? Kentoc’h mervel … plutôt crever que de rejoindre une assemblée de dormeurs. Je vais bientôt avoir une soixantaine d’années. Quand j’étais étudiant je croyais dur comme fer à l’UNION, le « parti le plus influent et le plus représentatif », etc …
    Une question simplissime : qu’à fait l’UDB en 40 ans ? Je veux dire …pour la Bretagne, bien sûr. Quarante années pourquoi ? Quel bilan ? J’écoute, on écoute !! Pas des conneries hein, des trucs consistants. En quarante ans, il y a le temps de faire des trucs consistants. ON y va pour la liste :
    1 – ….
    2 – ….
    3 – ….
    Ce que je ressens, c’est que depuis quarante ans, les dirigeants de l’UDB font allégeance au PS et/ou à la gauche molle française. Depuis des siècles, les intérêts bretons sont bafoués par l’Etat français, qu’il soit de droite, de gauche … Tous viennent de l’est, et rien de ce qui vient de l’est ne nous est favorable, pas même le vent froid d’hiver. Parfois il nous arrive de bonnes choses de l’est, mais c’est que nous les y avons arrachées.
    L’UDB est comme sa Mère le PS, molle, lente, tiède, peu ambitieuse pour la Bretagne, asservie … Ses dirigeants sont bien à l’image des politiques qui exercent leur besogne de l’autre côté de la frontière : plus préoccupés de leurs propres intérêts que des intérêts suprêmes, ceux de notre Pays. Mais avons-nous le même Pays ? J’en doute. Je rêve d’un vrai Parti, avec de vraies idées à lui, des dirigeants qui … en ont, des dirigeants charismatiques, forts, qui osent, qui séduisent, qui n’ont pas peur, qui donnent envie de les suivre …
    Quarante ans … on attend une liste, au moins un début !

  6. Quand on lit cette tribune sous la plume de Charlie Grall, qui a décidé de faire du maire de Carhaix son gourou, on peut se demander qui a besoin d’ouvrir les yeux…

    Car enfin, ce n’est pas l’UDB qui a appelé à voter pour la liste conduite par Jean Yves Le Drian le soir même du 1er tour des élections régionales de 2010, c’est bien le maire de Carhaix…

    Ce ne sont pas des élus UDB qui ont posé pour leur carte de voeux 2012 aux côtés de François Hollande, c’est bien le maire de Carhaix, qui se dit pourtant, lui aussi, « autonomiste et de gauche »…

    Toujours cette vieille histoire de la paille et de la poutre, mais l’UDB au moins fait son boulot. Et elle n’a rien de fantomatique…

    Reveille-toi Charlie !!!

  7. Rien de nouveau « à l’Ouest » hélas.
    Espérer dans la compromission périlleuse, s’endormir sur des promesses et pousser des cris d’orfraie quand « ça pète » (NDDL par exemple), c’est la Bretagne éternelle, immuable.
    J’ose croire que « un deiz e vo sklaer an amzer » mais il y a de quoi s’user avant.
    Quand je vois que localement, les premiers ennemis de candidats bretons sont dans l’UDB et parfois des cercles culturels locaux, je me dis que notre peuple est descendu bien bas. Avant de voir quelques éclaircis, il va falloir beaucoup de pédagogie pour que les Bretons voient clairs. Mais le temps passe…
    Si au moins les quelques membres de l’UDB pouvaient se remettre en cause et sentir l’intérêt général. Ca non plus ce n’est pas gagné au vu de communiqués d’un autre âge illustrés de photos de groupe tout droit sortis des années 70… en pire ! La cour des miracles est en lice pour donner une caution folklorique et couleur locale aux PS-EELV & co.

  8. On croirait une blague,

    Tout d’abord j’aurais un grand message à faire passer à nos détracteurs, quel intérêt pour vous de nous diviser ? Nous sommes Bretons, de gauche et nous nous battons pour la même chose !
    Ça ne me viendrait jamais à l’idée de critiquer Breizhistans, ils servent l’emsav et je ne fais pas parti de leurs donc de quel droit je critique, encore j’en ferais parti j’aurais une légitimité car j’essaierais de faire changer les choses au sein du parti de manière plus ou moins vaines, mais quand on est en marge d’un parti… Quel intérêt à le critiquer à part pour montrer qu’on est le parti le plus influent et le plus représentatif, qui porte de manière le plus visible les revendications de la gauche autonomiste en Bretagne ?

    Par votre message vous nous appeler donc au secours un peu, car vous savez qu’on peut changer les choses. Et c’est vrai nous sommes les mieux placés de l’emsav politique pour changer les choses, et nous tentons de le faire chaque jour.

    Par ailleurs je rappellerais que l’UDB est une UNION, il ne tient donc qu’a vous si vous êtes de gauche et autonomiste de nous rejoindre, de tenter de faire changer tel ou tel point qu’il vous déplaît, mais du moins à participer à l’UNION plutôt qu’à la désunion que vous servez avec cet édito, la désunion française dont nous parle Yvon Ollivier s’incarne dans vos propos, tant que l’Emsav critiquera l’UDB sans rien y changer, nous resterons divisés et faibles.

    Ensemble construisons la Bretagne de demain, l’UDB et l’emsav de demain.
    La porte est grande ouverte à ceux qui veulent apporter leurs visions dans un parti résolument démocratique par son union, le nom de notre parti ne peut mieux incarner ce que nous sommes Une Union, Démocratique et Bretonne !

    • alors ni charlie grall ni bretrand deleon ne sont membres de breizhistance. Breizhistance n’est pas autonomiste mais indépendantiste et ne se réclame pas de l’emsav pas plus que l’udb d’ailleurs…donc monsieur Ramez arrétez de répondre a coté de la plaque. vous nous parlez de porte grande ouverte alors que vous (l’udb) avez fait campagne POUR le ps sans aucune retenue en nous racontant que voter HOLLANDE nous conduirait vers une république décentralisée. Vous siégez au CR dans la majo…pour quel bilan ???? répondez monsieur ramier ! c’était ça le theme de cette tribune. cordialement.

    • @JBRaMez
      Fin septembre, une militante UDB s’est fait exclure de cette « union » (comme tu le défends si bien), pour son appartenance à une ASSOCIATION (KAD/CDP, Kelc’h An Dael/Cercle du Parlement), qui porte le projet de reformation du parlement de Bretagne (il me semble que cette institution est dans le projet UDB).
      Si tu peux faire changer les choses de l’intérieur, comme tu le dis si bien, n’hésite pas.

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