Les haras nationaux ne font plus naître de chevaux Bretons

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Rigolo de Feins, étalon Breton des haras nationaux. Photo par Goulwena M.
Rigolo de Feins, un étalon Breton des haras nationaux. Photo par Goulwena M.

Depuis une dizaine d’années, l’état français cherche à se désengager de l’élevage équin et transforme les haras nationaux en “pôles culturels”. Leur activité de reproduction est arrivée à échéance cette année. C’est la fin d’une tutelle envahissante doublée d’une concurrence injuste pour les étalonniers privés (qui font se reproduire des étalons), ou bien la mort d’une institution multi-séculaire (les haras existent depuis le XVIIe) doublée d’une sérieuse menace pour la survie des chevaux de trait, selon les points de vue.

Le rôle des haras nationaux a nettement évolué : d’institutions jacobines chargées de plier les éleveurs aux désirs de la cavalerie militaire française, ils sont devenus après les années 1950 (et l’arrivée massive des tracteurs agricoles) des refuges conservatoires pour les races de chevaux menacées. Les haras nationaux proposaient jusqu’en 2013 leurs services pour faire reproduire des étalons de race bretonne, à des tarifs défiant toute concurrence.

La fin de cette mission s’accompagnera vraisemblablement d’une chute des naissances de chevaux Bretons dès l’an prochain –  accentuée par la baisse des aides aux éleveurs d’animaux à faibles effectifs. Mais au contraire de la hausse de la TVA sur les activités équestres décidée en douce par une poignée de députés-girouettes, cette information est connue de longue date. La création d’un Groupement d’Intérêt Public (GIP) est en discussions, et un appel a projets a été ouvert jusqu’au 7 juin dernier pour redonner au cheval Breton son rôle historique d’animal de travail. Les dossiers retenus devraient être connus sous peu, le nom des communes où l’en entendra à nouveau résonner leurs sabots (pour le ramassage scolaire, la collecte des ordures ou encore l’arrosage des fleurs) également.

Le destin du cheval Breton est désormais entre les mains de ses éleveurs, utilisateurs et défenseurs… Et d’eux seuls.

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