Catalogne : réaction de Paul Molac, député du Morbihan

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Voici la réaction de M. Paul Molac, député du Morbihan, et nous le remercions. Il s’agit de la seconde réponse des 37 députés bretons au courrier de l’association Bemdez.

Dans une réponse argumentée, disponible sur son blog, M. le Député rappelle que « le très espagnoliste « Partido Popular » mené par Mariano Rajoy refusa de mettre en place cet accord sur une autonomie élargie (…). Le gouvernement catalan, avec le soutien démocratiquement réaffirmé de la population lors des élections au Parlement, s’est donc engagé dans une marche vers l’indépendance qui s’est traduite par l’organisation ces derniers jours d’un référendum sur l’autodétermination. » (…)

Et de préciser que « le gouvernement espagnol est resté inflexible et a toujours refusé de négocier. Il a au contraire tenté de faire taire les Catalans d’abord par des procédures judiciaires puis par la force. ».

M. Paul Molac souligne ensuite le fonctionnement démocratique face à la brutalité espagnole : « Malgré ces conditions difficiles, 43 % du corps électoral s’est déplacé dont 90 % a voté pour l’indépendance. Le président de la Catalogne a exprimé sa volonté de voir la Catalogne devenir un Etat indépendant à terme, une république au lieu d’un Etat monarchique, et en a appelé, une fois de plus, au dialogue avec Madrid.»

En étayant sur le fond : « (…) Il existe toutefois des droits fondamentaux, comme le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes qui ne sauraient être entravés. Le vote est une expression démocratique qui ne saurait être combattu par la violence. (…) Les Catalans ont donc le droit de se déterminer. »

Enfin, M. le Député recentre la question catalane dans le contexte européen : « Plus généralement cette affaire pose la question de l’évolution des Etats-nations comme l’Espagne, le Royaume-Uni ou la France. Ces Etats (…) sont devenus des grandes puissances mondiales et coloniales. Ce temps est aujourd’hui révolu et les peuples un moment dominés et niés reprennent leur destin en main. (…) La solution est encore une fois européenne. »

 

La réponse de M. Paul Molac a le mérite d’être courageuse, claire et argumentée. “Courageuse” car, à travers cette réaction, M. Molac va à l’encontre de la position exprimée par son parti politique, majoritaire, et du Président de la République Française élu sous cette même étiquette.

Attachés au respect de la Démocratie et donc à la Liberté d’expression, nous notons toutefois que M. le Député n’exprime pas un soutien direct à la déclaration légitime d’une République catalane, la 5ème dans l’histoire de cette nation.

 

Pour Bemdez,

Bertrand Deléon.

4 Commentaires

  1. Je félicite Paul Molac pour cette déclaration courageuse et j’espère que d’ autres élus Bretons auront autant de courage à le rejoindre pour que cesse cette oppressiondespeuples par nos politiques Français en accord avec l Europe

    • Tout d’abord, excellente initiative de la part de Bemdez que d’interroger un à un nos 37 députés de Bretagne, car depuis leur position indigne (sauf 3, dont le député Molac) lors du cuisant épisode de la pseudo réforme régionale de 2014, les choses ne peuvent plus être comme avant.

      Chacun d’entre eux est ainsi mis face à ses responsabilités et en particulier, comme le souligne B. Deléon, face à la distorsion qui peut exister entre son point de vue et/ou son discours à l’usage de ses électeurs et un engagement personnel partisan auquel il ne pourra finalement pas s’opposer sans risque de mise au ban et de non-renouvellement du contrat nourricier.

      C’est un dilemne que chacun des 37 a tranché d’avance en s’engageant dans un parti jacobin et c’est en contrepoint pourquoi l’absence d’une force politique spécifique et significative se fait cruellement sentir en Bretagne.

      Concernant l’Espagne, la Catalogne veut réviser le contrat et cela n’a rien ni de choquant ni de repréhensible, sauf que l’Etat-Nation espagnol, pour assurer sa pérennité – ce qui n’a rien d’étonnant non plus – avait placé des garde-fous juridiques difficiles à lever.

      Toutefois l’analyse ci-dessus serait plus crédible si au lieu de caractériser l’Espagne par la formule exacte mais incomplète et réductrice “d’Etat monarchique”, il avait été rappelé que – quels que soient les errements de son Premier Ministre à propos de l’affaire catalane – par sa Constitution de 1978, ce pays est un pays démocratique qui n’a rien à envier à la France.

      Et surtout pas dans la gestion décentralisée de ses Régions, ses “Généralités”, qui ont depuis 40 ans un statut qu’on ne voit toujours pas se profiler chez nous où l’emploi d’un simple tilde doit se négocier humblement à Paris.

      Devant le réveil des nations historiques, les Etats-Nation – souvent post-coloniaux en effet – qui dirigent l’UE, devront peu à peu admettre que s’ils veulent éviter un émiettement rendant – parait-il – le super-état ingouvernable, il leur faudra perdre un peu de leur superbe afin de restaurer une forme de démocratie évidente, incluant une responsabilisation normale des peuples actuellement privés de leurs droits fondamentaux à l’intégrité et à l’auto-gestion de leur territoire, à l’enseignement de leurs langues et de leur Histoire, à leur représentation ès-qualité à tous les niveaux (national et européen) dans les instances appropriées.

      Car ce n’est bien sûr pas la fin de l’Histoire !
      Le monde est en mouvement perpétuel et doit donc s’envisager sous l’angle dynamique et non figé dans un selfie instantané comme voudraient le faire croire ceux qui, en bénéficiant, ont intérêt au statu quo.

      Si des micro-états comme Malte ou le Luxembourg de M. Junker bénéficient de tous les droits des grands, y compris celui de présider la Commission Européenne, il faudra bien admettre – et le plus tôt sera le mieux – que des entités 10 fois plus conséquentes sur tous les plans, ne pourront éternellement se contenter d’un statut d’indigénat plus ou moins amélioré.

      Et cela ne peut se régler que par une plus stricte application des principes démocratiques dont les maîtres du moment se gargarisent tout en campant sur des positions d’autorité parfaitement antagonistes.

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