Homme de presse, François Régis Hutin est décédé dimanche soir à Rennes après 56 années à Ouest-France. Né à Rennes en 1929, il avait tout d’abord été journaliste à Ouest-France dès 1961 avant de prendre la direction du journal en 1984.

Journaliste humaniste selon ceux qui travaillaient avec lui, ses reportages l’avaient conduit à la rencontre de la misère du monde dans un grand nombre de pays.

« Nous voulons que tous puissent comprendre le monde avec ses crises, ses souffrances, ses espérances. Nous espérons ainsi éviter l’enfermement, le repli sur soi, sur le petit univers quotidien de chacun. » déclarait-il en rappelant que Ouest-France apportait aussi les nouvelles locales.

L’indépendance qui dérangeait le patron de Ouest-France

Les Bretons se souviendront d’un PDG mettant l’action au bout de ses idées. Le 26 janvier 2013, François Régis Hutin était intervenu pour faire retirer de la vente le numéro 84 du journal Bretons. La Une du numéro avait pour titre “18% des Bretons sont pour l’indépendance”. Le numéro retiré de la vente, officiellement pour des problèmes d’édition, reparaîtra quelques jours plus tard. Mais la question de l’indépendance disparaît de la Une au profit d’un autre titre “63% des Bretons ignorent leur histoire”. Les syndicats et la presse hexagonale s’insurgeront de la censure reprenant largement l’information de 7seizh.info.

Avec cette censure, la question de l’indépendance de la presse en Bretagne sera réellement posée. François Régis Hutin, à la tête du quotidien le plus vendu en hexagone, a le pouvoir de faire disparaître les titres qui lui déplaisent.

Le 4 novembre dernier, définitivement attaché à ce que rien ne change et contre l’autodétermination des peuples, François Regis Hutin signait un édito très anti-indépendance catalane .

Un difficile passage au numérique

Ces dernières années, le journal Ouest-France -largement aidé par les subventions d’état- a accusé de lourds déficits et une chute du lectorat. Autres temps, autres moyens de communication, l’enseigne a peiné à être réactif au numérique. De surcroît, il semble que l’angle de traitement de l’information du patron qui voulait “éviter l’enfermement, le repli sur soi, sur le petit univers quotidien de chacun” n’ait pas répondu totalement aux attentes des lecteurs.

François Régis Hutin n’est plus.
Le challenge du prochain patron de la boutique sera décisif pour l’avenir du journal.

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