Brest Atlantiques : Actual Leader au coude à coude avec Macif pour la 2ème place

Brest, mardi 3 décembre 2019, Au fond et à droite, après l’anticyclone des Açores, il y a Brest ! Au coude à coude avec le duo Macif, Yves et Alex contournent cette fois les hautes pressions açoriennes avant de pouvoir mettre de l’est dans leur route et avaler les milles vers l’arrivée de cette Brest Atlantiques, prévue samedi à la mi-journée pour eux.

Le duo Actual Leader bataille et bataillera jusqu’au bout, avec la même énergie qu’il y a tout juste un mois, lorsqu’il s’est élancé sur ce grand huit Atlantique. L’excellente gestion de course d’Yves et Alex leur permet en effet d’exploiter encore leur Ultim à 100% de son potentiel, après 4 semaines de course et 14 000 milles (22 000 km) dans leur sillage.

 

Ça va accélérer
Yves, Alex et Ronan sont en train de contourner l’anticyclone des Açores et ses calmes, par l’ouest. Cette grande courbe vers les côtes américaines représente un de détour de 200 milles environ avant qu’ils ne puissent pointer leurs étraves vers la Bretagne. « Ça va accélérer petit à petit et, demain, ils vont renouer avec des vitesses autour de 27 – 28 nœuds », annonce Christian Dumard, leur routeur.

 

Bienvenue dans l’hiver !
L’ambiance va radicalement changer à bord : après avoir souffert, il y a quelques jours seulement, de la chaleur équatoriale, et après les calmes de ces dernières heures, ils vont renouer avec la vitesse et entrer très rapidement dans l’hiver, avec – 1°C prévu à Brest samedi midi !

 

Intense jusqu’au bout
Mais les conditions seront parfaites pour accélérer sans gros risque pour le matériel et tracer vers le but à la faveur d’un flux d’ouest d’une vingtaine de nœuds. Et, surtout, Yves et Alex, en compétiteurs inconditionnels, vont, en plus, avoir le plaisir de boucler cette première édition de Brest Atlantiques à la bagarre avec le duo Macif : de quoi maintenir une belle intensité de course jusqu’au bout !

 

News du jour envoyée par Ronan Gladu depuis l’Ultim Actual Leader :

 » Les nouvelles d’Actual Leader, en plein milieu de l’Atlantique nord !

Nous sommes exactement à mi-distance entre les Canaries et les Bermudes. Nous avons enfin stoppé notre progression vers l’ouest, à l’opposé de Brest… Mais notre route, plein nord, ne nous rapproche toujours pas du but !

Cela arrivera, un jour. En attendant, nos champions, Yves & Alex, sont toujours à bloc, le nez dans la barre (à roue!). L’ambiance est comme d’hab’, super joviale : Les 2 marins ne sont jamais à court d’anecdotes et d’histoires, je me régale à les accompagner pendant les quarts.

Ce n’est pas pour autant « la croisière s’amuse » : même s’ils essayent de se reposer au mieux, la fatigue, le stress, tout s’accumule au bout de 28 jours de course intense, sans le moindre répit ! Moi qui suis « hors quart » et surtout hors séance de gymnastique intense, je le ressens : nous sommes un peu vidés ! Dans ces conditions, une erreur peut vite arriver. Personnellement, après quelques chutes ridicules à l’intérieur, je me déplace de plus en plus proche de la coque : je ne vais pas tarder à ramper comme un « GI sous du barbelé », pour atteindre la « cuisine » ou les « toilettes », haha!

Cette gestion de l’épuisement, Yves & Alex en connaissent un rayon. Ils gèrent, ils m’expliquent : plus le bateau est puissant, plus le moindre étourdissement peu prendre des proportions dramatiques. Un Ultim, c’est sur-puissant, tout se compte en dizaines de tonnes, mais on s’habitue vite aux proportions de la bête.

Par exemple, tous les bouts reviennent dans le cockpit, autour des énormes winchs, puis de la colonne. Ils contrôlent l’activation des winchs grâce à de « gros boutons » au sol. Pendant une manœuvre, ça piétine des 4 pieds pour sélectionner ou désélectionner les 6 winchs : toutes les combinaisons et vitesses (comme sur un pédalier de vélo) sont possibles.

Une expérience précédente, déjà vécue par Alex, pour bien comprendre les enjeux : en pleine nuit le vent change de direction rapidement, tu réveilles ton collègue pour border la grand-voile, bien lourde, à fond sur la colonne : 1 seul winch sélectionné, très petite vitesse; sauf qu’un autre winch est resté sélectionné dans un coin avec au choix : drisse, cunningham, foils sélectionnés… Et paf, tu arraches la moitié du bateau. Chaud. Surtout avec un boulet comme moi à bord, qui sort pisser en pleine nuit et écrabouille tous les boutons, détendu : « oh, pardon ! ». Donc quand la fatigue est présente, ils se mettent en mode « idiot proof », à ralentir, vérifier chaque mouvement. Et ça marche, tout va bien à bord !

Depuis 2 jours, nous remontons une grosse houle longue de Nord-Ouest. Sur ce bateau monstrueux, haut sur l’eau, les vagues ont toujours l’air petites. Mais là, se sentir monter et descendre des montagnes, c’est hyper impressionnant. Il faut avoir les tripes bien amarinées ! c’est un peu frustrant pour le surfeur que je suis… Et ils vont où, ces trains de houle, offshore, hein !?

Nous avons également bien rattrapé Macif : nous nous voyons désormais à l’AIS, à moins de 20 milles. Yves & Alex sont bien partis pour mettre la pression à leur concurrent jusqu’à l’arrivée ! »

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