L’indésirable MSC Flaminia est le bienvenu !

Reederei NSB, l’armateur allemand du MSC Flaminia, ne s’était pas exprimé depuis mercredi 15 août. Lundi, il a confirmé que le porte-conteneurs en remorque se situait à 450 milles nautiques et se rapprochait de l’Angleterre. Le navire devrait faire l’objet d’un contrôle de sécurité à son arrivée dans les eaux territoriales anglaises.

MSC Flaminia 2012 NSB Niederelbe
MSC Flaminia 2012 © Reederei NSB Niederelbe

« Le MSC Flaminia a obtenu l’autorisation d’entrer dans les eaux territoriales allemandes, » a annoncé Reederei NSB. Le Commandement des urgences maritimes (CCME) à Cuxhaven en Allemagne suivra l’évolution du navire qui ferait route vers le port allemand de Bremerhaven.
Le MSC Flaminia a quitté le port de Charleston (Etats-Unis) samedi 7 juillet et se dirigeait vers Bremerhaven, sa destination finale. Le porte-conteneurs devait faire escale au Havre et à Anvers. Samedi 14  juillet, une explosion et un incendie ont causé le décès d’un membre de l’équipage. « Un marin a disparu et trois autres sont dans un état critique, » a indiqué l’armateur. « Ils sont hospitalisés pour des brûlures sur le corps ».

L’association Robin des Bois estime qu’il « est regrettable que la France, l’Angleterre et d’autres pays plus proche de la position actuelle du MSC Flaminia n’aient pas pu ou voulu l’accueillir tandis que l’Allemagne prend ses responsabilités. » L’association souligne : « la destination lointaine qui obligera le convoi à franchir le détroit du Pas-de-Calais. » Chaque jour, 640 navires empruntent ce couloir de navigation.

L’association Mor Glaz constate que « le MSC Flaminia cherche un endroit pour se réfugier depuis trente-six jours » et note que « les ministres en charge de l’Écologie et des Transports ont refusé par deux fois à l’armateur l’accès à la zone économique exclusive (ZEE). » Mor Glaz se désole que les ports refuges retenus par la France en décembre 2012, Le Havre, Cherbourg et Brest n’aient pas été « utilisés par frilosité et manque d’initiative ».

Lundi 13 août, le MSC Flaminia a mis le cap vers l’Ouest et prit une route qui laissait penser à retour vers les Etats-Unis. Las des refus réitérés de la part des pays européens d’autoriser le MSC Flaminia à entrer dans leurs eaux territoriales, l’armateur a-t-il envisagé cette option ? Reederei NSB a annoncé que le navire « cherchait des conditions météorologiques favorables ».

Navire indésirable depuis un mois, le MSC Flaminia a subitement obtenu la permission de rejoindre un port allemand, de traverser les eaux territoriales de pays qui le lui refusait jusqu’à présent. En une semaine, le statut du MSC Flaminia a changé, mais les dégâts occasionnés par les explosions et les incendies dans « les cales 4, 5, 6, 7 et la coque » fragilisent toujours la structure du MSC Flaminia. Pourquoi ce retournement de situation ?

Une des nombreuses hypothèses, qui ne manqueront pas de nourrir les interrogations des prochains jours, pourrait concerner la cargaison du MSC Flaminia. Les autorités françaises étaient dans l’attente « de documents techniques » de la part de l’armateur. « Trente-sept conteneurs pouvaient représenter un risque de pollution en raison des produits chimiques qu’ils contenaient ». A priori, « il n’y avait pas de plan de chargement ». Ce point est toutefois surprenant pour un navire battant pavillon allemand et un affréteur suisse. Des raisons de sécurité obligent à répartir le poids d’un fret sur un navire, un avion ou un véhicule.

L’association Robin des Bois indique que « l’inventaire précis des matières embarquées n’est toujours pas connu et que l’affréteur Mediterranean shipping company Genova (MSC) transporte occasionnellement des matières radioactives à usage industriel ou médical. »

Que transportait le MSC Flaminia qui lui interdisait l’accès à un port ? Pourquoi le navire est-il maintenant autorisé à entrer dans les eaux territoriales ?
Depuis sept jours, le porte-conteneurs naviguerait à 650 milles nautiques des côtes européennes selon Maritime Bulletin. Les cartes marines indiquent une profondeur océanique de l’ordre de 3 900 à 4 800 mètres dans cette zone. Les équipes de sauvetage ont-elles mis à profit ce laps de temps, et cette position loin des regards, pour confiner les matières dangereuses ou les faire disparaître ?

Il sera difficile d’obtenir une réponse précise sur la dangerosité des marchandises transportées par le MSC Flaminia. L’armateur a pris toutes les dispositions pour sauver son navire. La société de sauvetage empochera un pourcentage sur la valeur du MSC Flaminia et de la cargaison (No cure – No pay). L’affréteur fera le point avec ses clients et les assureurs. Les autorités seront soulagées de voir le porte-conteneurs arriver à bon port sans avoir pollué leurs eaux territoriales.

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